23/07/2010

cicad: proche-orient, manuel

petit lexique très intéressant:

http://www.cicad.ch/fileadmin/user_upload/documentation/pdf/Cicad-manuelProche-Orient-2010__2_.pdf

Proche-Orient: petit manuel pour comprendre


Ce petit manuel permet de mieux appréhender un certain nombre de notions clés, bases indispensables pour qui désire comprendre la problématique proche-orientale

Shabbat Shalom

17:15 Écrit par Rose Tel-aviv dans Antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

13/06/2010

Communiqué de la CICAD

Johanne Gurfinkiel: «Il y a aujourd’hui une véritable banalisation des termes»

 

 

Le Secrétaire général de la CICAD était ce matin invité de l'émission Médialogues, sur la Radio Suisse Romande, pour aborder le thème «Flottille pour Gaza: quels mots employer ?» Extraits:

 

«Aujourd’hui, les mots et les images sont, plus que jamais, devenus des armes de destruction. Il y a une véritable banalisation des termes, qu’on retrouve dans les médias: on emploie aujourd’hui des termes comme "génocide", "colonisation", "résistants", "fascistes" et "nazis", avec un seul objectif: créer de l’émotion pour l’interlocuteur, l’auditeur ou le lecteur et lui rappeler cette période funeste que fut la Seconde Guerre mondiale en utilisant les mêmes vocables. Alors là, on n’est plus dans la liberté d’expression, dans l’échange ou la critique, on est dans l’intention de frapper son interlocuteur, de le faire réagir et de le faire adhérer à la cause. Et certains tombent évidemment là-dedans: il y a l’opinion publique qui, parfois, ne maîtrise pas le sujet parce qu’elle n’est pas suffisamment informée sur ce qu’il se passe; et il y a les responsables – politiques, des médias et autres – qui peuvent tomber dans ce type de travers, dans la surenchère et dans l’amalgame – parfois par naïveté, par angélisme, surtout par méconnaissance – et qui reprennent un certain nombre de théories qui sont parfaitement scandaleuses. […]

 

Un exemple: un texte publié dans l’un de nos quotidiens romands, dont l’auteur est une Conseillère aux Etats, romande également – vaudoise, en l’occurrence – qui fait une comparaison entre l’Exodus – ce bateau, je vous le rappelle, qui amenait des rescapés des camps de la mort vers cette terre d’accueil et de refuge qu’était Israël – et le Mavi Marmara – ce bateau qui n’avait pas pour vocation d’amener des exilés qui souhaitaient se réfugier à Gaza, mais bien un groupe d’islamistes connus sous le nom d’IHH qui avaient pour seul objectif de casser le blocus de Gaza, donc d’aller à l’affrontement, et dont nous savons, telle que l’information a été publiée, qu’ils souhaitaient mourir en "martyrs". Ça c’est la première chose, qui est déjà suffisamment importante pour qu’on s’y intéresse; la seconde, qui est beaucoup plus grave à mon goût, c’est un amalgame entre la politique israélienne et l’ensemble du peuple juif: quand l’auteur du texte nous dit: "Comment un peuple sorti des ghettos peut-il ainsi exiler ses voisins derrière des murs ?", il s’agit bien de l’ensemble des Juifs qui ont été directement les victimes de la Shoah et de la politique nazie. Ce "peuple sorti des ghettos", cela me concerne et cela concerne aussi mes aïeux et ma famille, ainsi que tous ces gens que nous connaissons à Genève – je pense notamment à Ruth Fayon, sortie du camp d’Auschwitz, et à d’autres – et on ne peut pas faire ce lien avec les choix politiques d’un gouvernement; la comparaison est inacceptable. […] On a eu le même problème avec un rédacteur en chef que je connais bien, et pour qui j’ai beaucoup d’estime, qui est Jean-François Fournier. Dans un récent éditorial dans son journal Le Nouvelliste, il se prête lui aussi à ce comparatif entre l’Exodus et le Mavi Marmara, tout en reconnaissant le fait qu’Israël a le droit de se défendre. Mais ces comparatifs n’ont pas lieu d’être !

 

Il y a encore d’autres exemples où l’on peut également s’interroger sur la velléité du journaliste: il y a un exemple récent, dans la dernière édition de L’Illustré, avec l’interview de Cornelio Sommaruga qui, d’une part, parle d’une "forme indirecte de génocide" – et ces propos sont extrêmement graves: le génocide, c’est le Rwanda, c’est d’autres événements dans le monde qui ont entrainé l’extermination d’une population par le souhait d’un gouvernement […] – et d’autre part, quand le journaliste qui interviewe Cornelio Sommaruga a des questions qui sont clairement orientées, on est en droit de s’interroger sur la crédibilité même du journaliste […]. Quand il pose la question: "Quelle a été votre première réaction en apprenant la sanglante attaque israélienne contre la flottille des pacifistes", on n’est plus dans la question objective: la messe est dite, il y a une attaque sanglante de barbares israéliens contre une flottille de pauvres pacifistes qui débarquaient comme ça avec un radeau ! Voilà un réel problème quant au poids des mots et des images.»

 

Ecouter l'émission (à partir de 5'35)

 

Source: RSR - vendredi 11 juin 2010

18:54 Écrit par Rose Tel-aviv dans Antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook