29/12/2015

Médiapart et le choix des mots

« Des agents de police israéliens ont abattu samedi un Palestinien qui tentait d’attaquer à l’arme blanche un policier près de la vieille ville de Jérusalem, a déclaré une porte-parole de la police. Il s’agit du 126e Palestinien tué depuis le début des attaques de ce genre, en octobre. Vingt Israéliens et un ressortissant américain ont également trouvé la mort au cours de la même période. » (Médiapart, 27/12/2015)

Ce sont les mots choisis par Médiapart pour relater un fait, devenu malheureusement fait divers depuis le début de ce qu’on appelle la troisième infifada ou « intifada des couteaux ». La première phrase du compte-rendu est objective et précise. La seconde phrase, « Il s’agit du 126e palestinien tué… » manque de justesse. Il serait plus honnête de dire le 126e Palestinien « abattu » pour être plus proche de la vérité. C’est dans la troisième phrase que le choix volontaire des mots crée une confusion pour le lecteur non averti. « Vingt Israéliens et un ressortissant américain ont également trouvé la mort » occulte le fait qu’ils ont été assassinés. Trouver la mort se dit plutôt d’une mort accidentelle. Les dessinateurs de Charlie Hebdo n’ont pas « trouvé la mort ». Les clients d’Hyper Cacher non plus, ni ceux du Bataclan. Ils ont tous été assassinés par des terroristes. Le terme « également » sème lui aussi la confusion. Ce choix voulu des mots n’est pas de l’information mais une forme pernicieuse et sophistiquée de manipulation.
Médiapart n’est pas seul à s’opposer à l’occupation des territoires par Israel. Moi aussi j’y suis opposé. Et c’est justement pour cela que je suis précis dans le choix des mots. Quand en Israel, dans une discussion, quelqu’un me dit qu’Ytzhak Rabin est mort en 1995, je prends soin de l’interrompre immédiatement et de dire « Rabin n’est pas mort! » ce qui provoque une surprise violente, et après un temps d’arrêt j’ajoute « Rabin a été assassiné! »

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suite http://fr.kichka.com/2015/12/28/le-monde-et-le-choix-des-mots/

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27/01/2015

On entendait les cris des gens dans les chambres à gaz

Avant le 70e anniversaire de la libération du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz, nous avons rencontré une rescapée. Esther Bejarano, 90 ans, doit sa vie à la musique. Sélectionnée pour jouer de l'accordéon dans l'orchestre des femmes du camp, elle a ainsi échappé aux chambres à gaz. Voici le script de son interview, réalisée chez elle à Hambourg le 19 janvier 2015.

 

Le voyage jusqu'à Auschwitz était déjà une épreuve terrible. On était entassés dans des wagons à bestiaux, il n'était pas possible de respirer, l’air était terrible. Il n'y a avait pas de toilettes, on devait utiliser un saut, le faire devant tout le monde. C’était humiliant, il n'y avait aucune dignité.

Et puis, il y avait beaucoup de personnes âgées dans ces trains. Moi j'étais jeune, j’avais 18 ans. Mais beaucoup de ces personnes âgées n'ont pas survécu, elles sont mortes pendant le transport.

Quand on est arrivé à Auschwitz, sur la "rampe juive" comme on l’appelait, il y avait trois hommes en civil. Ils nous ont dit: "vous êtes arrivés dans un camp de travail". On ne savait pas où on était, mais on nous a dit que tous ceux qui ne pouvaient pas bien marcher, qui étaient malades, les femmes enceintes, les femmes avec des petits enfants, tous ceux là devaient monter dans des camions, qu'on les amènerait comme ça jusqu'au camp. Et nous, on s'est dit: si on les amène en camion, et que les jeunes seulement doivent marcher, ça ne doit pas si grave que ça…suite

http://geopolis.francetvinfo.fr/bureau-berlin/2015/01/22/on-entendait-les-cris-des-gens-dans-les-chambres-a-gaz.html

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