27/01/2015

On entendait les cris des gens dans les chambres à gaz

Avant le 70e anniversaire de la libération du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz, nous avons rencontré une rescapée. Esther Bejarano, 90 ans, doit sa vie à la musique. Sélectionnée pour jouer de l'accordéon dans l'orchestre des femmes du camp, elle a ainsi échappé aux chambres à gaz. Voici le script de son interview, réalisée chez elle à Hambourg le 19 janvier 2015.

 

Le voyage jusqu'à Auschwitz était déjà une épreuve terrible. On était entassés dans des wagons à bestiaux, il n'était pas possible de respirer, l’air était terrible. Il n'y a avait pas de toilettes, on devait utiliser un saut, le faire devant tout le monde. C’était humiliant, il n'y avait aucune dignité.

Et puis, il y avait beaucoup de personnes âgées dans ces trains. Moi j'étais jeune, j’avais 18 ans. Mais beaucoup de ces personnes âgées n'ont pas survécu, elles sont mortes pendant le transport.

Quand on est arrivé à Auschwitz, sur la "rampe juive" comme on l’appelait, il y avait trois hommes en civil. Ils nous ont dit: "vous êtes arrivés dans un camp de travail". On ne savait pas où on était, mais on nous a dit que tous ceux qui ne pouvaient pas bien marcher, qui étaient malades, les femmes enceintes, les femmes avec des petits enfants, tous ceux là devaient monter dans des camions, qu'on les amènerait comme ça jusqu'au camp. Et nous, on s'est dit: si on les amène en camion, et que les jeunes seulement doivent marcher, ça ne doit pas si grave que ça…suite

http://geopolis.francetvinfo.fr/bureau-berlin/2015/01/22/on-entendait-les-cris-des-gens-dans-les-chambres-a-gaz.html

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