13/03/2011

Les joies de la montagne

Suède : les joies de la montagne

Les Suédois s’adonnent depuis longtemps aux sports alpins. Leurs skieurs tiennent une place honorable dans la hiérarchie des disciplines nordiques.

Mais ils se livrent aussi à l’escalade, sur les quelques massifs montagneux qui ornent leur pays.

Dans ce sport, surtout pratiqué par les amateurs, il est d’usage de donner un nom aux voies qu’on ouvre pour la première fois.

Un peu comme les astronomes qui découvrent une étoile, les grimpeurs s’attribuent la paternité d’une montée et leurs noms sont référencés dans un guide officiel.

Plusieurs voies d'escalades sur une petite montagne dans la commune de Järfälla, ont été "baptisées" par des noms de la Seconde guerre mondiale.

Ainsi les avions allemands Stuka, Messerschmitt sont-ils nommés comme voies permettant aux amateurs de s’élever et trouver l’air pur.

 


 

 

Ignoble

Mais d’autres grimpeurs ont poussé l’espièglerie jusqu’à donner des noms un peu plus sinistres à leurs découvertes.

Les fans d’escalades en Suède ont depuis des années la possibilité d’emprunter les voies Zyklon B, Hitler, Himmler, Four crématoire, Nuit de cristal, Svastika.

Les différentes voies, ouvertes au fur et à mesure des années, ont été ainsi nommées entre 1987 et 2001.

Il y a tout lieu de penser que ces voies ont été empruntées des centaines de fois sans qu’aucun grimpeur n’y trouve à redire.

Imaginons que la même chose se produise en France et qu’un varappeur ouvre une voie dans le massif alpin en lui donnant le nom de Touvier, Vel d’Hiv, déportation…

C'est un historien, amateur d'escalade, qui a découvert l'impensable lors d'une ascension et en a fait part au quotidien Dagens Nyheter.

En Suède, il y a plusieurs sortes d’antisémitisme.

Il y a l’officiel, celui qui est encouragé par les autorités sous couvert de lutter contre la politique soit-disant coloniale d’Israël. Les Juifs appartenant à la communauté de Malmöe quittent massivement la troisième ville de Suède.

En cause, les appels répétés du maire de la ville, Ilmar Reepalu, à ses administrés juifs, à "se distancier" publiquement de la politique israélienne. Sous entendu, « Pour vivre en paix, critiquez Israël !».

Il y a l’antisémitisme des médias.

Le quotidien Aftonbladet a fait paraître en 2009 un article accusant les soldats de Tsahal de trafic d’organes sur des Palestiniens. L’accusation de crime rituel refait surface.

Il y a l'antisémitisme de l'extrême droite, purulent, traditionnel et en constante augmentation.

Il y a également l’antisémitisme musulman. Lire ici le témoignage de Michelle Mazel, femme de l’ex-ambassadeur d’Israël en Suède.

Résultat : le nombre de crimes antisémites a augmenté de 57 % en 2010.

Pour la première fois en Europe, les Juifs sont obligés de quitter une ville pour sauver leur peau.

Le phénomène va grandissant.

Depuis quelques mois, certains quartiers de grandes villes de Belgique sont déclarées Judenrein, comme l'Arabie Saoudite et le futur Etat de Palestine.

En France, des familles juives quittent par centaines des communes de la banlieue parisienne par peur des violences qui se multiplient.

En Suède, les amateurs de varappe peuvent toujours monter sur Zyklon B et prendre appui sur les roches de Svastika.

Certes, il existe d’autres moyens de s’aérer les neurones. Encore faut-il pour cela en avoir !


Pierre Lefebvre
© Primo, 01-03-2011

http://www.primo-info.eu/selection.php?numdoc=Do-428586555

 

14:41 Écrit par Rose Tel-aviv dans Antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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