13/02/2011

le village maronite du Gush Halav

Shavouah tov, et désolée, je suis assez occupée ces temps mais je ne vous oublie pas, je vais essayer de m'organiser, et l'actualité ne manque pas de sujet ! mais voilà, ....bonne lecture:


Connaissance du pays : le village maronite du Gush Halav et ses traditions juives

vendredi 11 février 2011, par Cécile Pilverdier

http://www.un-echo-israel.net/Connaissance-du-pays-le-village,11306

Rien ne vaut une promenade dans les sentiers du village maronite de Gush Halav dans la Galilée romantique. Des cours soignées, de jolies églises toute simples, des tombes de justes, une synagogue, etc.

Les maisons du village de Gush Halav sont construites sur les pentes d’une colline, à 860 mètres d’altitude, entourées de vergers de cerisiers, de poiriers et de pommiers, et au sommet on aperçoit de loin l’église. Le village comprend 3000 habitants, dont 55% sont chrétiens maronites, 10% grecs catholiques et les autres musulmans. L’ancien village s’est fait connaître lors de la grande révolte en 66 de l’ère chrétienne et à l’époque de la Mishna et du Talmud. Au cours des siècles, à deux reprises des Juifs ont essayé de s’installer à Gush Halav : au 11ème siècle et également au 19ème siècle, mais aucune n’a réussi. Au début du 18ème siècle des chrétiens maronites du Liban s’y sont installés. En 1948 les expulsés du village maronite de Biram, qui espèrent encore retourner sur leurs terres, s’y installèrent, ainsi que des musulmans des villages de Haute Galilée voisins.

Il semble que le caractère cordial et pacifique du village ainsi que celui de ses habitants était connu déjà dans l’Antiquité. Flavius Joseph dans sa Guerre des Juifs écrit : "Seulement Gush Halav ne fut pas prise du temps des Romains…ses habitants étaient des pacifistes, car la plupart étaient des agriculteurs, et leurs esprits étaient complètement occupés par la réussite de leurs champs".

Le village a trois noms : Gush Halav, son ancien nom en hébreu, El Gish en arabe, et Giscala en romain. Pourquoi Gush Halav ? (Terrain laiteux) : Il y en a qui disent que le nom vient de l’engrais du sol, d’autres pensent que la terre blanche quartzique des environs a donné ce nom au lieu, mais sans nul doute que pour les villageois, les oliveraies et l’excellente huile sont la première explication du nom.

Point de départ de la visite

En voiture, entrons dans le village et grimpons vers la route principale par les petites routes. Arrivés à la banque, tournons à gauche. On passe à droite de l’église saint Pierre et on continue vers le nord, hors du village, avec à notre gauche une aire de jeux pour les enfants où nous pouvons parquer notre voiture.

A droite, un sentier de terre entre les maisons nous amène à la colline blanche au dessus du cimetière. Nous avons un point de vue sur la Haute Galilée et le Liban s’offre à nous. En face on distingue la frontière. Là où se termine le vert des vergers du kibboutz Meron HaGalil, commence le terrain de notre voisin du nord. A l’ouest se dresse le mont Meron, à côté les collines de Hiran et Adir, avec les villages de Sasa, Biram, Yiron et Avivim.
Au nord-est on distingue le mont Hermon et le village Kerem Ben Zimra avec la rivière Gush Halav, au nord de Ramat Dalton. De là, retournons à pied au village.

L’église saint Pierre et les ruines de la synagogue

L’église saint Pierre domine toutes les maisons du village où se réunissent les chrétiens grecs catholiques du village. L’église est presque toujours fermée, mais on peut entrer dans la cour. Près de l’église on peut voir les ruines de l’ancienne synagogue somptueuse, sans doute de l’époque du Second Temple. A l’ouest du bâtiment, on aperçoit les colonnes, certaines en forme de cœur, ayant fait partie de la synagogue.

Figues, dattes et cerises

La première maison à gauche est peinte en couleur orange. En face, sur le toit de la maison en pierre d’Um Luis et d’Otra, sèchent des gâteaux de figues. Après leur séchage, on en fait des paquets d’un kilo et on les vend aux touristes et aux habitués. Um Luis est connue aussi pour son épice de Sumac, elle aussi vendue.

Le mausolée

Sur les pentes ouest du village, un très beau caveau a été découvert, fait de pierres taillées, du 2ème – 3ème siècle. On peut y descendre par un escalier pour voir la tombe ancienne avec un sarcophage au couvercle décoré, et en dessous un espace qui conduit à une pièce voutée. Descendons les marches vers l’arche construite à l’extrémité de l’entrée de la cave creusée. A l’entrée de la grotte, une porte en pierre tourne encore sur ses gonds et mène à un lieu qui comprend 10 emplacements pour tombes. Dans les fouilles effectuées on a trouvé des ossements et des offrandes.

La petite église maronite

Cette petite église est située sur le lieu de l’ancien village, avec sa cloche au sommet. On raconte que lors du grand tremblement de terre en Galilée au milieu du 19ème siècle, elle a été complètement détruite. 235 personnes du village ont été tuées. Aujourd’hui l’église est fermée mais l’après-midi la communauté prie avec l’aide du père Bashara, le prêtre maronite du village.

La nouvelle église de saint Maron

La grande église maronite moderne de saint Maron a été construite dans les années 90 et sert la plus grande communauté du village. Dans ce sanctuaire on célèbre la majorité des cérémonies religieuses mais aussi les mariages et les fiançailles. La cour de l’église est soignée, il y a la statue de la sainte vierge à l’entrée et la maison des religieuses y est accolée. Vue d’en haut, l’église est construite en forme de croix et ses fenêtres sont des vitraux.

Visite aux tombes des justes

Les nombreux tombeaux de Justes sont situés parmi les maisons, dans les cours et sur les collines qui dominent le village. Dans le wadi à l’ouest du village au milieu des oliviers, il y a la tombe du prophète Joël ben Petuel. Il y a davantage de caché que de révélé sur la vie et le lieu d’ensevelissement du prophète Joël. Mais la tradition et surtout le témoignage du rabbin Haïm Vital, étudiant du grand maître de la Kabbale de Safed Isaac Louria, renforce l’identification du lieu à Gush Halav :"En allant à Gush Halav au nord, dans une vallée là-bas, Joël ben Petuel est enterré" avait-il écrit.

Dans la cour d’une maison face à l’entrée de la nouvelle église de saint Maron, il y a une petite tombe. Là, les histoires s’embrouillent. D’un côté de la tombe est écrit le nom de "Rabbi Itzhak et de l’autre côté, rabbi Méïr". Alors qui est vraiment enterré ici ? Rabbi Méïr ben rabbi Itzhak Nehouraï était un poète ashkénaze qui vécu en Allemagne au 11ème siècle et qui n’a jamais visité Israël. Rabbi Itzhak est son père, dont on a par erreur gravé son nom, et comme on ne bouge pas les traditions, la pierre est restée. Mais là ne s’arrête pas la chose. La tradition a fixé qu’en ce lieu un autre rabbin Méïr a été enterré, c’est le rabbin Méïr Katzin que l’on appelle "Baal HaNess"(le faiseur de miracle), venu de France et immigré en 1211 avec 300 autres rabbins pour s’installer en terre d’Israël.

On ne sait pas grand-chose de Shmaya et Avtalion, deux grands sages juifs de la période de la fin du second Temple. Ce sont deux convertis descendants de Sennachérib roi d’Assyrie, dont le lieu d’ensevelissement est à l’entrée du village. Une tradition séculaire dit que durant leur vie et leur mort ils ne se sont pas séparés. Shmaya était le chef du sanhédrin et Avtalion chef du tribunal à la fin de l’époque dit "des Couples " ( -150 à + 10).

Derrière la banque, dans un sentier quittant la rue principale, juste sur la façade de la terrasse d’une maison, on signale une tombe qui d’après la tradition indique être celle de Yohaï et de sa femme, parents du Rashbi (Rabbi Shimon Ben Yohaï), connu dans certains cercles comme le "Père de la Kabale".

La synagogue de la rivière Gush Halav

Dans la rue principale, au second tournant à droite (après la mairie), la route commence passe entre les maisons du village vers la rivière. Après 200 mètres on laisse derrière soi les maisons et après 600 mètres, parmi les figuiers, à côté des sources du village, on découvre les ruines d’une ancienne synagogue du 3ème siècle, détruite sans doute au 6ème siècle de notre ère. C’est une construction carrée avec deux rangées de colonnes. Lors des fouilles archéologiques on y a trouvé la base d’une armoire sainte en pierre, des bancs et un portail décoré avec un aigle qui tient dans son bec un bouquet de fleurs. Sur place on a trouvé une inscription en araméen : "Yussu fils de Nahum a fait celle-ci (la colonne), qu’il soit béni".

La source bleue de Gush Halav

On stationnera la voiture au sommet du village, près des tombes derrière l’église de saint Pierre.
On commence par marcher sur le sentier blanc, à travers les figuiers et les amandiers. Après 10 minutes on arrive à une source bleue où l’eau coule entre la pierre calcaire blanche et une petite retenue que les habitants du village ont construite. C’est la "Source Halav" (du lait), une source qui jaillit du fond du lac et qui sert de piscine saisonnière, ainsi que d’abreuvoir pour les animaux.

De nombreuses légendes sont nées autour de cette source. Dans le village on l’appelle "La source faiseuse de rencontres" du fait qu’autrefois les parents avaient l’habitude d’envoyer leurs enfants se rencontrer à la source, sous la surveillance de la "Faiseuse de mariage".

Nous avons marché, nous sommes fatigués, alors, où mangeons nous ?

Quatre restaurants se font concurrence dans le village. Le restaurant "Mont Méron", au dessus du point de vue à l’est. Ses nombreuses salades suffisent comme repas complet. Le restaurant ’El Lieli" avec son houmous, "Les cèdres" et "Lieli Beyrouth" qui eux aussi invitent à goûter à la cuisine libanaise. Nouveau dans le village, une petite cave du nom de Giscala (l’ancien nom de Gush Halav) a ouvert dans le quartier nord-ouest, avec à son côté un petit restaurant du nom de "Baladana". Tout un programme !

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12:41 Écrit par Rose Tel-aviv dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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