06/12/2010

La fin des "seigneurs de Gaza"...

La fin des "Seigneurs de Gaza"

Par IBRAHIM BARZAK/AP
30.11.10

L'assouplissement du blocus de Gaza a permis d'accomplir quelque chose que les frappes aériennes et une barrière souterraine n'ont jamais pu faire : anéantir le trafic d'armes florissant de la bande côtière. Maintenant qu'une bonne partie des biens de consommation peuvent à nouveau être importés à Gaza - après trois ans de restrictions - la plupart des centaines de tunnels de contrebande qui alimentaient autrefois l'enclave palestinienne sont aujourd'hui fermés. Selon un haut-responsable du Hamas, seuls une petite dizaine seraient encore utilisés, comparé aux quelque 400 d'avant.


Les travailleurs palestiniens entassent des cageots de fruits importés illégalement à Gaza depuis l’Egypte.

L'Associated Press, annonce elle qu'un tunnel sur quatre est  aujourd'hui en fonction. Mais dans les deux cas, il s'agit d'une baisse  considérable.

Un bémol toutefois : cette diminution d'activité  souterraine n'aurait pas influencé l'entrée régulière d'armes dans la  bande de Gaza. Le Hamas continue de contrôler ces tunnels et le trafic  de munitions. Des atouts cruciaux pour que le groupe terroriste puisse  maintenir sa domination sur le territoire, qui date de sa prise de  pouvoir en juin 2007.</p>
<p>Mais en ce qui concerne les biens de consommation, les marchands  gazaouïtes préfèrent nettement importer leurs produits de manière  légale, par voie terrestre. Moins coûteuses, les livraisons sont  généralement plus prévisibles que celles effectuées par contrebande -  cibles régulières des contrôles égyptiens et des attaques israéliennes.</p>
La tradition de la contrebande
L'Etat hébreu a assoupli le blocus en juin dernier, dans l'espoir  d'apaiser les critiques de la communauté internationale suite au  violent abordage du Mavi Marmara. Depuis, les trafiquants palestiniens  ont été contraints de diminuer leur activité, se limitant uniquement aux  biens restés sous le coup de restrictions, tels que les matériaux de  construction - comme le ciment et l'acier - et les produits achetés à  plus bas prix en Egypte.

"Nous n'avons plus de travail", confie l'un des trafiquants,  Saber Salem, 36 ans. Il gérait l'activité de trois tunnels le long de la  frontière égyptienne, avec le concours de cinq associés et de 40  employés. Maintenant, il a la charge d'un seul souterrain qui emploie 15  personnes. Le dernier "butin" de Salem : de l'huile d'olive, rapportée  illégalement d'Egypte à 30 dollars le gallon - soit presque la moitié du  prix de celle importée d'Israël.

A son apogée, l'"ère des tunnels de  Gaza" générait une activité constante. Il y a quelques semaines, une  poignée de camionnettes seulement étaient stationnées près des entrées  des tunnels. Le ronronnement des avions de l'armée israélienne se  faisait entendre au loin. Et, de temps en temps, des gardiens égyptiens  pointaient, du haut de leurs miradors, leurs projecteurs en notre  direction.</p>

Il faut savoir que la contrebande est une tradition à Gaza, depuis l'annexion israélienne du territoire en 1967. Pendant les 38  années qui ont suivi, le trafic était essentiellement limité aux armes.  Les flux souterrains ont ensuite augmenté lorsque l'Etat hébreu s'est  retiré de l'enclave en 2005, avant d'atteindre leur niveau le plus élevé  en raison du blocus israélien imposé lors de la prise de pouvoir du  Hamas.

L'embargo, qui n'autorisait qu'une entrée limitée de nourriture  et de médicaments, n'est pourtant pas parvenu à affaiblir le mouvement  islamiste. L'été dernier, Israël a décidé d'assouplir le blocus. Et  l'impact a été immédiat. Selon Issa Nashar, maire Hamas de Rafiah,  seulement quelques dizaines de tunnels sont encore utilisés. Résultat :  la majorité des milliers de Palestiniens qui vivaient de cette activité  clandestine sont aujourd'hui au chômage. Khalil Saleh explique que,  lorsque la demande était à son maximum, il pouvait gagner jusqu'à 100  dollars par jour, soit plusieurs fois la rémunération quotidienne d'un  travailleur peu qualifié à Gaza. Maintenant, le jeune Gazaouïte de 19  ans gagne à peine la moitié, lorsqu'il a la chance de trouver du  travail. "L'âge d'or est révolu", dit-il.</p>
>Combler les vides du marché>

L'activité clandestine constituait la principale source d'emploi  dans la bande de Gaza. Le gouvernement Hamas en a également profité en  prélevant impôts et autres taxes sur la contrebande. Alors que  l'assouplissement du blocus a engendré une légère croissance économique à  Gaza, il y a peu de chances de voir une véritable reprise, selon les  experts, en raison des restrictions israéliennes maintenues sur les  industries-clés de l'enclave, à savoir : le bâtiment, ainsi que les  exportations de textile, de meubles et de produits agricoles. L'Etat  hébreu continue de limiter l'entrée de ciment et d'acier, de peur que le  Hamas ne les réquisitionne pour construire des bunkers et des  roquettes.<br Les exportations, elles, sont limitées aux livraisons  saisonnières de fraises et de fleurs. Israël craint en effet que le  Hamas en profite pour faire sortir clandestinement des bombes.<br />Certains  "anciens" des tunnels essaient de trouver de nouveaux marchés de  contrebande en sens inverse - de Gaza vers l'Egypte. Mais ce n'est pas  sans risques. Salem dit avoir récemment tenté d'exporter du métal brut  en Egypte, mais que la police égyptienne avait fait sauter la sortie du  tunnel qu'il utilisait, après deux livraisons. D'autres seraient déjà  parvenus à faire passer des poulets et des œufs, précise-t-il, sans  savoir si les trafiquants comptent poursuivre ces tentatives.</p>
"La vie est très difficile et nous nous confrontons à de nombreux  obstacles", ajoute-t-il. "Le Hamas inspecte nos cargaisons et nos  tunnels parce qu'ils ont peur du trafic de drogue. Les services  égyptiens de sécurité ont également installé de nombreux points de  contrôle routiers."


En fin de compte, les dures lois de l'économie se sont avérées  plus efficaces que des années d'interventions militaires israéliennes.  Salem dit ne gagner que 15 000 dollars par mois à l'heure actuelle, soit  la moitié de ce qu'il touchait auparavant. Pour l'heure, lui et ses  associés tentent de combler les vides du marché. Cela passe par  l'importation illégale d'animaux exotiques, comme des singes et des  bébés crocodiles, mais aussi des matériaux de construction. Pour la fête  de l'Eid al-Adha, certains avaient décidé d'importer des moutons et des  vaches, afin de compléter les livraisons en provenance d'Israël. Mais  Saleh, lui, reste philosophe : "Nous avons été les seigneurs de Gaza  pendant trois ans. Mais, comme on dit, 'rien ne dure toute la vie'."
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10:50 Écrit par Rose Tel-aviv dans Israël | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

La France a déplacé ses forces maritimes vers Abidjan afin d'achever sa mission, abattre Gbagbo, 15'000 "colons" français font valoir leurs supériorité sur la population noire, c'est une violation grave !

Quand à Israël, le terrorisme prend des allures incendiaires, c'est également le cas en Europe, plusieurs incendies ont été revendiqués par les groupements islamistes, mais Silence !

Une vingtaine d'autres incendies ont été signalés depuis jeudi dans tout Israël, "la plupart apparemment volontaires", a déclaré un porte-parole de la police qui a fait état de l'arrestation de quatre suspects. Selon les medias, trois sont des Arabes israéliens et le quatrième un Palestinien.

Écrit par : Corto | 06/12/2010

400 avions de combat ultramodernes mais pas un seul Canadair ?

Écrit par : jimjim | 07/12/2010

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