15/09/2010

l'environnement en Israel et ses fleurs

ce joli site avec toutes les fleurs d'Israël

http://www.wildflowers.co.il/english/plantsIndex.asp

Le site du ministère de l'environnement

http://www.sviva.gov.il

Un article sur l'environnement

http://www.mfa.gov.il/MFAFR/MFAArchive/2000_2009/2002/7/L-Environnement%20en%20Israel

L'Environnement en Israël

Dvora Ben Shaul

Demandez à des Israéliens soucieux de la qualité de leur environnement quels sont les problèmes essentiels de leur pays. Ils vous dresseront plus ou moins tous la même liste. Mais si vous leur demandez de les classer par ordre de priorités, vous obtiendrez très probablement autant d'avis que de personnes interrogées. Rien de surprenant à cela, car non seulement la liste des grands problèmes environnementaux est longue en Israël, mais de nombreux facteurs, qui sont considérés comme prioritaires, entrent en ligne de compte aux yeux des intéressés, chacun privilégiant celui qui affecte le plus directement la région où il vit. C'est la raison pour laquelle les enjeux actuels ne sont pas classés par ordre de priorité dans cet article.

http://www.mfa.gov.il/MFAFR/MFAArchive/2000_2009/2002/7/L-Environnement%20en%20Israel

 

 


Pendant les trois ou quatre premières décennies de son existence, l'État d'Israël s'est exclusivement soucié de son développement et, il est aisé de le comprendre, d'abord et avant tout de sa sécurité, les infrastructures et l'essor économique l'emportant tout naturellement sur les considérations d'ordre écologique. Résultat : le peu d'attention accordée aux problèmes environnementaux et à leur aggravation induite par le développement économique. Les préoccupations pour la qualité de l'environnement datent seulement des vingt-cinq dernières années et, tout en gagnant de plus en plus d'importance dans l'opinion publique, elles restent cependant reléguées en bas de liste des priorités nationales : ce n'est qu'aux dernières élections qu'elles ont été inscrites dans les programmes électoraux des partis en lice. Par ailleurs, le ministère de l'Environnement étant l'un des derniers postes convoités du gouvernement, il est d'usage de l'attribuer en récompense au dirigeant d'un parti qui a soutenu la campagne électorale du Premier ministre.

Ce qui ne veut pas dire qu'aucun progrès réel n'ait été réalisé aux cours de ces dernières années. Il faut entre autres rappeler le succès considérable de la SPN, la Société protectrice de la nature d'Israël, organisation non gouvernementale. Ses campagnes d'opinion et l'obstination avec laquelle elle a oeuvré dès les années 50 ont convaincu un gouvernement alors réticent à consacrer une petite portion des marais du Houla - alors en plein processus d'assèchement - à une réserve naturelle, la première en Israël. Cette même organisation est parvenue, après un travail acharné de sensibilisation dans les écoles, à éduquer le public à ne pas cueillir de fleurs sauvages. C'est également sa pression efficace sur les gouvernements successifs qui a abouti à la création de la Direction des réserves naturelles d'Israël. On ne peut ignorer son excellente contribution dans la protection de la flore et de la faune, de nombreuses espèces étant menacées d'extinction. C'est grâce aux efforts infatigables de son premier directeur, le regretté Avraham Yaffe, qu'Israël se place dans le peloton de tête des dix premiers pays au monde à avoir aménagé une partie de son territoire en réserves naturelles.

La Direction des réserves naturelles a été la première entité de protection de l'environnement du pays, précédant de plusieurs années la création du Service de protection de l'environnement. Focalisant d'emblée ses énergies à la protection des sources d'eau et à la prévention des abus en matière d'usage de pesticides, elle s'est retrouvée, au début des années 70, dans une position insolite, à un moment où le Contrôleur de l'État la censurait d'une part, et l'encensait de l'autre dans l'un de ses rapports annuels. Elle fut critiquée pour avoir excédé ses prérogatives légales, pour s'être occupée de problèmes qui outrepassaient ceux des réserves naturelles ; néanmoins elle fut louée pour les mêmes raisons, puisque ces questions vitales ne pouvaient être traitées par aucun autre organisme. L'une des conséquences de cette activité fut l'émergence de séances de brainstorming au ministère de l'Agriculture, où un certain nombre d'experts de diverses disciplines se consacrèrent à l'étude des moyens de protection du lac de Tibériade, la principale réserve d'eau douce d'Israël. Dans la mouvance fut nommé un Comité de direction du Kinnereth, toujours chargé à l'heure actuelle de protéger le lac de polluants et d'atteintes à son écosystème.

Mais de nombreux problèmes sérieux subsistent et on y accorde peu de temps et d'attention.

  1. L'eau
  2. La campagne contre le bruit
  3. Le traitement des déchets solides
  4. Le traitement des déchets toxiques
  5. La mer et le littoral
  6. Les pesticides
  7. La pollution atmosphérique
  8. La pollution des eaux de surface
  9. La protection de la nature et la gestion de la flore et de la faune
  10. Le traitement des effluents et les systèmes d'adduction d'eau
  11. Les problèmes liés à une urbanisation tentaculaire.

L'eau

C'est certainement le seul problème à rallier l'unanimité, celui qui indubitablement arrive en première place dans la liste des priorités.

Dans la majeure partie du territoire israélien, la qualité de l'eau potable ne donne pas toute satisfaction en raison de son goût fortement chloré. Selon les prospectives, sa qualité va même continuer à baisser. Telle est la conclusion du ministère de l'Environnement. Le ministère de la Santé corrobore de temps à autre cette inquiétude nationale en recommandant aux citoyens de faire bouillir leur eau. Par ailleurs, la hausse spectaculaire de l'achat d'eau minérale en bouteille qui, il y a quelques années seulement, était considéré comme un luxe, est en soi éloquente.

Quantitativement, les sources d'eau disponibles en Israël sont une préoccupation majeure, et des efforts considérables ont été mis en oeuvre pour trouver des moyens d'économiser l'eau, pour l'agriculture en particulier. À l'heure actuelle, Israël est le premier au monde à utiliser pour l'irrigation des eaux recyclées en provenance d'effluents.

Ces eaux sont déviées au profit des secteurs industriels et agricoles où les quotas en eau potable ont été diminués de 40 % sans aucune incidence sur la qualité de la production agricole - le fait mérite d'être signalé. Israël a également conçu et commercialisé une vaste gamme de systèmes économisant l'eau pour l'agriculture, y compris des systèmes d'irrigation au goutte-à-goutte assistés par ordinateur, qui n'arrosent les plantes que lorsque le niveau d'humidité des racines en indique le besoin. Toutefois, les fertilisants agricoles ayant provoqué la contamination en nitrate des sources du littoral israélien, le pompage excessif des nappes phréatiques a induit une infiltration d'eau salée ou saumâtre, rendant l'eau impropre à la consommation ménagère et industrielle.

Actuellement, Israël est confronté à la crise la plus grave de son histoire en matière d'approvisionnement en eau. Plusieurs années de sécheresse, conjuguées à la demande croissante d'une population en hausse et à l'essor du secteur industriel, se sont soldées par des mesures indispensables et drastiques de réduction de la consommation.

Conformément aux accords de paix, en outre, Israël a dû céder des millions de litres par an à la Jordanie. La pénurie d'eau dans les années à venir n'est un secret pour personne, à moins que l'on n'ait recours à d'autres ressources, tel le dessalement par des moyens énergétiques bon marché et accessibles. C'est la raison pour laquelle d'importants budgets sont consacrés à la promotion de l'énergie solaire appliquée au dessalement et, récemment, un accord a été conclu avec la Banque mondiale pour financer une centrale électrique expérimentale actionnée par le mouvement des vagues.

Dans le secteur privé, la prise de conscience de l'impératif d'économiser l'eau est plutôt laxiste, et c'est seulement lorsque le niveau du lac de Tibériade, seule source tangible d'eau d'Israël, atteint un niveau inférieur à la ligne d'alerte, que les citoyens réagissent aux mises en garde des médias. Pourtant, de vastes efforts sont entrepris pour encourager l'usage d'eau salée impropre à la consommation humaine dans les secteurs industriels ou agricoles et de nombreux projets, de plus faible envergure, s'y emploient également.

La campagne antibruit

Les Israéliens, en règle générale, sont bruyants. Comme la majorité des Méditerranéens, ils sont convaincus que pour s'affirmer, il faut se faire entendre. Radios et stéréos assourdissent, les automobilistes klaxonnent sans arrêt et le volume de la voix est rarement modulé. Du reste, une autre organisation non gouvernementale, l'Union israélienne pour la défense de l'environnement, est parvenue à obtenir par voie judiciaire une diminution des nuisances sonores provenant de sources diverses dans les zones résidentielles. Il est à espérer que d'autres mesures du même genre soient envisagées à l'avenir.

Le traitement desdéchets solides

Un peu plus de 95 % des déchets solides israéliens sont enfouis dans des champs, brûlés dans des fosses en plein air ou laissés à la décomposition dans les décharges d'ordures dispersées dans le pays. Contrairement à la Suisse qui enfouit seulement 12 % de ses déchets ou au Japon (19 %), le recyclage en Israël est si dérisoire qu'il mérite à peine qu'on le mentionne. La raison n'est pas, comme certains l'imaginent, le manque de bonne volonté de la population à participer au recyclage : en fait, là où des projets pilotes ont été mis en place, comme à Tivon et Yavneh par exemple, la participation du public a été un succès total et le nouveau système de collecte de bouteilles en plastique souple est d'une efficacité grandissante dans les grandes villes.

Les décharges en plein air constituent de graves dangers pour l'environnement. Mises à part les considérations esthétiques, elles émettent une grande quantité de matières toxiques et de particules polluantes. Elles sont également dangereuses pour la santé en raison de la multiplication sur les sites de mouches, rats et moustiques, d'autant qu'elles accélèrent la pollution des aquifères. C'était le cas de la décharge de Hiriya - la plus grande de Tel-Aviv, fermée il y a deux ans à peine - située à proximité immédiate de l'aéroport. Les millions de mouettes, corbeaux et autres volatiles fouilleurs d'ordures qui y proliféraient étaient une lourde menace pour les avions. De grandes sommes d'argent ont été investies pour éloigner les oiseaux des pistes d'atterrissage.

Malgré tout cela, il a fallu attendre que de fortes pluies d'hiver provoquent l'effondrement de la montagne d'ordures de Hiriya, bloquant complètement l'écoulement de la rivière voisine de l'Ayalon, pour que des mesures efficaces soient prises. Le ministère de l'Intérieur, qui chapeaute les municipalités, n'a jamais assigné à ce problème la place qu'il mérite dans l'ordre de ses priorités, et année après année, toute tentative de le résoudre se heurte à un mur épais d'objections. Revenant éternellement sur ses positions, ce ministère continue d'avancer que  le recyclage n'a pas encore prouvé son efficacité et sa pertinence économique . Par le maintien artificiel de subventions au transport d'ordures, le ministère de l'Intérieur est responsable d'une situation regrettable dans laquelle les villes et localités israéliennes ne paient pour le ramassage de leurs ordures que 7 dollars par tonne, soit le dixième de ce qu'il en coûte dans les pays industrialisés. A ce prix, il va de soi que les édiles ne souhaitent guère changer de système.

Il semble que seules des poursuites judiciaires parviendront un jour à remédier à cette situation. Plusieurs d'entre elles ont été d'ores et déjà entamées par l'Union israélienne pour la défense de l'environnement, et sont en instance. Une législation imposant des mesures de recyclage plus rigoureuses est à l'étude à l'heure actuelle.

Le traitement des déchets toxiques

Les moyens de contrôle et de destruction des déchets toxiques ont été considérablement améliorés au cours des dernières années, mais restent dans l'ensemble fort carentiels en Israël. S'il est vrai qu'il y a quelques années, les milliers de tonnes de déchets toxiques produits par le secteur industriel ne parvenaient pas à être évacuées à l'usine de Ramat Hovav, prévue à cet effet dans le Néguev, aujourd'hui, en principe, tout déchet industriel toxique est déversé dans ce site.

Mais le site lui-même constitue un problème par sa taille même, problème paradoxalement aussi grand que celui qu'il était censé résoudre. Les matières toxiques accumulées depuis vingt-cinq ans sont stockées dans des conteneurs qui fuient, et les produits nocifs qui suintent dans le sous-sol constituent une grave menace pour les nappes phréatiques du Néguev et un risque potentiel pour la santé des habitants vivant dans un rayon de quelques kilomètres. Malgré l'installation d'un incinérateur de déchets toxiques, vu les dimensions du stock, il faudra plusieurs années de fonctionnement à une capacité maximale pour le gérer, sans parler des centaines de tonnes qui arrivent sur le site jour après jour. Il est clair que l'usine doit être agrandie.

Simultanément, les déchets toxiques provenant de l'agriculture, des ménages et des petites entreprises sont peu et mal traités. Des citoyens vigilants mettent leur sens civique à la collecte de piles usées contenant un grand nombre de métaux, y compris le nickel, le cadmium et le lithium, qui polluent les sources d'eau souterraines. Mais une fois les déchets collectés, personne ne semble soucieux de les acheminer vers une décharge de déchets toxiques. Il reste encore beaucoup à faire pour s'assurer que les piles, peintures, dissolvants, huiles de moteur usées, emballages et reliquats de pesticides parviennent à être stockés et détruits convenablement. Ainsi, certains kibboutzim et mochavim jettent toujours ces matériaux dans l'oued le plus proche.

La mer et le littoral

Depuis qu'Israël a signé, il y a vingt ans, les protocoles de la Convention de Barcelone pour la protection de la Méditerranée, de grands progrès ont été accomplis dans la prévention de la pollution provenant du dégazage des pétroliers en mer. Aujourd'hui l'épandage dans les eaux territoriales israéliennes des eaux de fond de cales et d'hydrocarbures est rare et sévèrement punie en Israël. De ce fait, la présence de goudron sur les plages est réduite de 200 %.

Néanmoins, d'autres polluants sont toujours déversés en mer, comme les eaux d'égout, les eaux polluées d'usines chimiques, voire des déchets chimiques autorisés. Il reste encore beaucoup à faire puisque, pour ne citer qu'un seul exemple - celui du port de Haïfa - le mercure et d'autres métaux toxiques ont rendu la consommation humaine de poisson impossible.

Pour ce qui est du littoral, le tableau est plus inquiétant. Autrefois il était couvert de belles plages de sable doré ; actuellement la prolifération de ports de plaisance et la main-mise d'entrepreneurs sur les corniches ont atteint de telles proportions que les plages se font de plus rares et sont de plus en plus encombrées et polluées du fait de l'expansion démographique. En outre, l'engouement récent pour les véhicules tout-terrains a rendu la fréquentation de certaines plages publiques à la fois dangereuse et désagréable.

L'opposition la plus active et la plus efficace à la destruction du littoral est exprimée par l'Union israélienne pour la défense de l'environnement. Cette organisation a déjà gagné d'importants procès requérant la suspension de certains projets et exigeant l'application de la législation existante en matière d'environnement. Mais elle reste isolée, et pour l'heure, aucune autorité d'envergure nationale n'a pris le relais, si bien que chaque municipalité ou conseil municipal doit décider de la concession de terrains alloués à des fins privées ou à des ports de plaisance. Deux décisions hautement lucratives qui sont habituellement inspirées par des considérations financières et budgétaires, plutôt qu'environnementales.

Les pesticides

Jusqu'en juin 2001, on comptait au moins une douzaine de pesticides en usage en Israël mais interdits dans la plupart des pays occidentaux. Comme Israël exporte une grande variété de fruits, de légumes et de produits laitiers, des tentatives de réduire au minimum les taux de pesticides ont été faites, cultivateurs et producteurs sachant parfaitement que les produits excédant les normes européennes sont systématiquement renvoyés. D'une certaine manière, cela protège aussi les consommateurs israéliens d'excès de résidus de pesticide dans les aliments, mais pas toujours. Car, en cas de renvoi des denrées exportées, ces aliments sont diffusés sur le marché israélien où les normes sont moins strictes et le système de surveillance inadéquat. Bien que les ministères de la Santé et de l'Agriculture soient censés contrôler la qualité du produit, tous deux refusent obstinément de révéler leurs conclusions au public, alléguant de la confusion et de la panique que ce genre de révélation risque de provoquer au sein de la population. Un paternalisme que la promulgation de la loi de 1998 sur la Liberté de l'information atténue quelque peu. Des enquêtes privées, dont certaines ont été parrainées par le ministère de l'Environnement et d'autres par des ONG, ont dévoilé que 12 % des fruits et légumes vendus excèdent les normes israéliennes relativement permissives, et dans un grand nombre de cas, les pesticides ne sont officiellement autorisés que pour les produits non alimentaires comme le coton.

Le contrôle opéré par les deux ministères responsables de la qualité des produits alimentaires étant loin d'être fiable, de plus en plus de voix s'élèvent pour revendiquer la mise en place d'un organisme indépendant dans ce domaine.

La pollution atmosphérique

C'est dans la lutte contre la pollution atmosphérique que les progrès les plus spectaculaires ont été accomplis, notamment à Haïfa où, des années durant, la population a souffert des émissions polluantes des raffineries de pétrole et de la centrale thermique de la ville, auxquelles il faut ajouter la pollution due à de grands complexes chimiques comme celui de Haifa Chemicals. Vers la fin des années 80, les taux de dioxyde de soufre (SO2) étaient quatre fois plus élevés que la norme permise. De rigoureuses réductions d'émissions, obtenues par le biais de procédures engagées par le ministère public, ont débouché sur une prise de conscience et sur des mesures efficaces. Désormais, rares sont les cas où ces émissions dépassent le niveau autorisé. Ceci est vrai également pour d'autres zones massivement industralisées comme Ashdod, où, depuis deux décennies, l'émission en SO2 était si élevée qu'elle constituait un grave danger pour la santé publique : le pourcentage d'enfants et de personnes âgées souffrant dans cette ville de maladies respiratoires était le plus élevé d'Israël.

Malheureusement, ces causes gagnées ne compensent pas la détérioration de la qualité de l'air dans d'autres régions. Si, en 1967, Naomi Shemer louait dans son inoubliable Jérusalem d'or cet  air de montagne aussi pur que le vin , aujourd'hui la pollution de l'air a atteint un tel niveau à Jérusalem qu'il est prévu qu'en 2010 elle atteindra, si elle n'est pas enrayée, les niveaux enregistrés actuellement à Mexico.

Dans la capitale d'Israël, ce n'est pas la pollution industrielle mais celle des véhicules motorisés qui est responsable de la mauvaise qualité de l'air. Une croissance accélérée depuis la guerre des Six-Jours a peuplé la ville de centaines de milliers d'habitants nouveaux et la population, les centres commerciaux, les routes et les rues se sont multipliés au même rythme. Rien n'a été fait pour enrayer ce facteur de pollution. Les gouvernements israéliens successifs, pour des raisons qui leur sont propres, ont toujours favorisé les véhicules privés au détriment d'un système de transport public efficace. Certains prétendent que les recettes provenant des énormes taxes et des droits payés par les propriétaires de ces véhicules privés sont à l'origine de ce laxisme. Résultat, Jérusalem pâtit non seulement d'encombrements, mais aussi de nuages de pollution venus de Tel-Aviv et de toute la région centre, densément peuplée.

Même lorsque le gouvernement finit par se soumettre aux requêtes du ministère de l'Environnement et des organisations écologiques non gouvernementales, rendant l'essence sans plomb accessible partout dans le pays, personne - ni le ministère de la Santé, ni celui des Transports ni celui de l'Environnement - ne fait de réels efforts pour éduquer le public à privilégier l'usage d'essence sans plomb. Aucune information technique n'a été diffusée dans les garages, aucune publicité n'a été lancée dans la presse. En conséquence, des garagistes non informés affirment impunément que l'essence sans plomb peut être dangereuse et, comme la voiture est le bien de consommation le plus coûteux de l'Israélien moyen, personne ne veut prendre de risques.

La pollution des eaux de surface

L'effondrement de la passerelle piétonnière enjambant le Yarkon, il y a quatre ans, qui précipita dans l'eau polluée de ce cours d'eau un groupe d'athlètes australiens participant aux Maccabiades, a tragiquement révélé la gravité de la pollution des rivières israéliennes. Certains périrent, d'autres furent hospitalisés, non pour avoir été blessés par la chute de l'édifice mais suite à un empoisonnement insidieux, pour avoir avalé les eaux toxiques de cette rivière chimiquement polluée.

Pour une revue complète de la situation des rivières israéliennes, se reporter à l'article suivant, page 33.

La protection de la nature et la gestion de la flore et de la faune

Israël connaît un certain nombre de problèmes qui lui sont spécifiques en matière de protection de la flore et de la faune sauvages. Grâce à des lois rigoureuses limitant la chasse et à une protection très efficace de la flore et de la faune, ce pays est devenu un refuge pour de nombreuses espèces animales peu protégées dans leur pays d'origine. Aucun des pays arabes voisins, à l'exception de la Jordanie, ne possède de service de protection de la nature réellement efficace, de sorte que plusieurs animaux comme les gazelles, les bouquetins, les hyènes et autres sont désormais rares dans ces pays. Comment, par conséquent, décider de protéger la gazelle des collines quand elle peut être une nuisance et une menace réelle pour l'agriculture, tandis que quelques kilomètres plus loin, au-delà de la frontière, les gazelles ont été chassées si intensivement qu'elles ont quasiment disparu ?

De surcroît, Israël est le séjour temporaire et donc le gardien de facto d'au moins trois quarts des oiseaux migrateurs européens qui s'arrêtent sur leur route vers l'hémisphère sud en automne, et au printemps à leur retour en Europe. Parfois - c'est le cas des pélicans, des cormorans et des étourneaux - les dommages causés à l'agriculture et à l'aquaculture s'élèvent à des millions de shekels. Israël doit, de quelque manière que ce soit, trouver un compromis entre le devoir de protéger ces oiseaux migrateurs et les besoins de son secteur agricole.

Les effluents et les systèmes d'adduction d'eau

La majorité des systèmes employés en Israël pour évacuer les eaux d'égouts - conduites, réservoirs de sédimentation et d'aération, usines de traitement des eaux usées - sont inadaptés aux besoins actuels. La plupart sont vétustes et mal entretenus, et de plus, n'étaient pas au départ destinés à satisfaire les besoins d'une population qui augmente approximativement d'un million tous les dix ans. En outre, dans bien des cas, une infrastructure appropriée d'évacuation des effluents manque dans certaines localités et ce n'est que récemment qu'un des plus anciens villages de Galilée a remplacé les fosses septiques dont il se servait jusqu'alors par des égouts modernes. Dans la plupart des kibboutzim et des mochavim, il n'y a pas de dispositif de traitement des eaux au-delà de la sédimentation et de l'aération, et à certains endroits, notamment les colonies juives et les villages arabes de Judée et de Samarie, l'épandage des eaux usées se fait purement et simplement dans les oueds.

Autant d'éléments qui représentent une sérieuse menace pour l'approvisionnement en eau d'Israël. Non seulement les canaux d'évacuation s'acheminent vers les cours d'eau, les vallées et à terme vers le lac de Tibériade, mais les eaux s'infiltrent dans le sous-sol et polluent les nappes phréatiques.

Faire face à tout cela est une entreprise de grande envergure, et seules des poursuites judiciaires semblent susceptibles de convaincre les dirigeants des conseils municipaux et locaux d'investir leurs recettes dans des réseaux modernes d'adduction d'eau plutôt que dans des projets autrement plus prestigieux - centre communautaire ou complexe sportif. L'Union israélienne pour la défense de l'environnement a toutefois réussi à mener une action efficace en obtenant de la justice des amendements, et simultanément, dans de nombreux cas, en usant de persuasion auprès des autorités responsables.

Une urbanisation tentaculaire

En 1948, seulement 3 % du territoire était pavé ou asphalté, et en 1992, cette proportion dépassait les 17 %. Le dernier chiffre reste en deçà des expectatives, compte tenu de la hausse de la population et de la rapidité du développement de ce pays. Mais il faut tenir compte du fait que 95 % de la totalité de la population israélienne vit au nord de Beersheva. Ce qui signifie que presque tout le sol pavé et asphalté s'étend sur moins de la moitié du territoire.

Selon les estimations d'un groupe d'étude du Technion, l'Institut technologique de Haïfa, si l'accroissement de la population suit le même rythme et si la politique de construction et d'infrastructure n'est pas soigneusement méditée, Israël recensera en 2020 une population de 9 à 12 millions d'habitants et comptera au moins 3 millions de véhicules. 60 % de la Galilée environ sera urbanisée, pavée et asphaltée. Ce qui n'inclut pas le littoral, que les planificateurs désignent déjà du nom de Nashkélon, une conurbation continue s'étendant de Nahariya à Ashkélon.

Chaque année, une superficie croissante de terrain est aménagée en autoroutes ou en complexes résidentiels. La construction récente de grands centres industriels en Galilée empiète sur des terres autrefois vierges. En fait, il n'y a purement et simplement pas de planification globale de développement en Israël.

Conclusion

Si Israël a tardé à se mesurer à ses problèmes environnementaux multiples et complexes, les écologistes préfèrent regarder la moitié pleine du verre, d'autant que le public se montre de plus en plus concerné et impliqué. L'organisme qui chapeaute les registres relatifs à la qualité de vie et de l'environnement en Israël compte plus de douze ONG affiliées, dont la liste ne cesse d'augmenter. Tout laisse espérer que la conscience  verte  du public ira en s'accroissant et que les gouvernements successifs relèveront le défi.

Traduit de l'anglais par Vera Lasry


Dvora Ben-Shaul, née aux Etats-Unis, a immigré en Israël en 1959. Biologiste, elle a obtenu un doctorat de l'Université du Texas, et a consacré de longues années à étudier la flore et la faune d'Israël. Elle est l'auteur de nombreux articles sur la nature, la biologie et l'environnement.

13:10 Écrit par Rose Tel-aviv dans Israël | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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