28/08/2010

Palestine, les chiffres de l'aide

des vraies info, de celle qui dérange:

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PALESTINE/ CONGO 40 À 1

Le journal La Croix a publié récemment un article commentant le rapport d'Oxfam France du 19 août 2010 : Conflits et protection des populations - Baromètre de la protection des civils 2010


 

 

« Un rapport publié jeudi 19 août à l’occasion de la journée humanitaire mondiale, met en évidence des disparités dans le traitement des crises »

« Pourquoi le Conseil de sécurité des Nations unies ne se penche-t-il que sur certains conflits, et pas sur d’autres, tout aussi voire plus meurtriers ? », s’interrogent les rapporteurs.

 

 

Le diagramme publié par La Croix a éveillé ma curiosité, je suis donc allée aux sources, et ai lu plusieurs pages du rapport d'Oxfam France, organisation non suspecte de complaisance à l’égard d’Israël et proche du pro-palestinisme militant.

 

 

(Les diagrammes proviennent du rapport. On peut cliquer pour agrandir. J'ai ajouté le cadre rouge. )

 

 

A. Extraits du rapport concernant l’aide au développement :

 

- Action de la communauté internationale (page 2)

 

"En termes d’APD (aide publique au développement) par habitant, un Afghan a reçu en 2008 179 dollars d’aide, un Irakien 340 dollars, un Palestinien 682 dollars, un Congolais 25 dollars, un Pakistanais moins de 10 dollars.
Un Congolais a bénéficié de 27 fois moins d’aide au développement qu’un Palestinien, de 7 fois moins qu’un Afghan ;

 

 

aide humanitaire par tête.jpg

(TPO = Territoires Palestiniens Occupés ; RDC = République Démocratique du Congo)

 

 


- De la part de la France, un Congolais a reçu 0,49 dollar en 2008, un Irakien près de 11 dollars, un Palestinien 20 dollars." (page 45).

 

Je traduis :

De la part de la France un Palestinien a donc bénéficié de 40 fois plus d’aide au développement qu’un Congolais !

 

 


 

(diagramme également publié par le journal La Croix )

 

AIDE HUMANITAIRE.jpg

 

 

 

 

 

 

 

- aide européenne :

 

« en comparant la proportion d’APD par habitant, on s’aperçoit que les Palestiniens reçoivent le financement le plus important par habitant : plus de 680 dollars par personne, alors qu’un congolais reçoit 25 dollars. » (page 47)

 

aide au développement UE.jpg

 

 

 

 

B. Extrait du rapport concernant les violences

 

20101.2. Violences

1.2.1. Les civils, principales cibles des conflits

 

En 2009...

v Sur l’ensemble de l’année 2009, 5 000 civils ont été tués dans le conflit entre le gouvernement pakistanais et les rebelles, plus de 8 500 civils ont été blessés ;

v Au sud-soudan, où un accord de paix a été signé en 2005, au moins 2 500 civils ont été tués en 2009 ;

v En 2009, le conflit dans le territoire palestinien occupé a blessé six fois plus de civils palestiniens à Gaza qu’en 2008, et a tué près de trois fois plus d’enfants ;

v En Afghanistan, on a compté officiellement 3 566 civils blessés et 2 412 civils tués en 2009. Un enfant par jour y a été tué en 2009 ;

v Plus de 15 000 viols ont été documentés par les nations unies en RDC. Plus de 200 000 viols ont été recensés depuis 1998. La MONUC a encore documenté 848 nouveaux cas de recrutement d’enfants en 2009 – contre 8 000 documentés par le Fonds des nations unies pour la population en 2008 ;

v La Colombie comptait en 2008 entre 8 000 à 11 000 enfants soldats, sans que les chiffres soient disponibles pour 2009.

 

 

On notera que, très curieusement  (!), et contrairement aux données qu’il publie pour les autres pays, le rapport ne donne pas de chiffre global du nombre de civils palestiniens tués à Gaza. Ce nombre bien plus faible que celui des autres pays cités, et cependant plus élevé que les autres années puisque il s’agit de l’année de la « disproportionnée » riposte israélienne contre les tirs de Qassam, ne serait pas en faveur de l’image d’un Israël état criminel, amateur de sang d’enfant palestinien.

 

Et une fois de plus, il convient d’insister sur la situation tragique du Congo, principalement le Kivu, lieu de conflits interminables qui ont fait environ 5 millions de morts depuis 1996 selon OXFAM, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale. Mais en Belgique, le pays colonisateur du Congo, les militants belges d’Oxfam sont indifférents et préfèrent manifester en se travestissant en soldats israéliens buveurs de sang. (voir ici ) Et aux violences meurtrières, il faut ajouter les centaines milliers de viols perpétrés de manière atroce sur des femmes et des fillettes, et les deux millions de réfugiés en provenance du Kivu. Et cela se passe dans l’indifférence totale.

 

Quant au Pakistan « Avant même la crise climatique de ces dernières semaines, ce pays a été en 2009 le théâtre du plus important déplacement de population dans le monde depuis dix ans au moins, note Nicolas Vercken, d’Oxfam-France. Sauf qu’on n’en a pas parlé. »

Ce qui nous amène au traitement des conflits par les médias.

 

 


C. Couverture des différents conflits

 

Le rapport insiste sur l’attention ciblée des médias. Ce sont les choix éditoriaux qui influencent la réponse humanitaire.

 

« L’image qu’ils donnent oriente de manière significative la perception de la communauté internationale comme son intérêt potentiel pour une crise ou un pays en particulier ; cela a donc un impact direct sur la volonté et la capacité des décideurs à mobiliser des ressources économiques, militaires ou diplomatiques pour résoudre un conflit et protéger les civils de manière adéquate dans un conflit donné. Ils peuvent également influer sur la volonté ou la capacité des acteurs humanitaires à intervenir dans un pays donné. »

 



On découvre aussi dans le rapport un autre élément étonnant : le nombre de déclarations du ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner. Pour la Palestine, trois fois plus de déclarations que pour l’Afghanistan et le Tchad, pays où la France est engagée militairement.

interventions kouchner.jpg

 

 

 

Le rapport d’Oxfam met bien en évidence, en faits et en chiffres, le caractère irrationnel de la "focalisation sur les événements du Proche-Orient ». Mais ce caractère irrationnel affecte l’organisation elle-même, puisque le rapport émane d'une organisation dont l'un des dossiers prioritaires est l'arrêt du blocus de Gaza. N'y a-t-il pas une contradiction ?

 

Et qu’en est-il du pouvoir des Juifs si puissants, ceux qui sont censés contrôler les médias ? Sont-ce eux qui « orientent de manière significative » l’intérêt de la communauté internationale pour la Palestine et les Palestiniens ?

 

 

ALLEGRA

 

 

 

 

 

 

 

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15:14 Écrit par Rose Tel-aviv dans désinformation-information | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook

Commentaires

Bonjour,

Survolant la page, je retrouve d'abord une méfiance que je connais chaque fois que quelqu'un qui ne semble vouloir aider personne, dénonce un manque d'équité dans la répartition de l'aide ou du souci d'autrui. Tenir cette structure d'argumentation pour généralement valide, n'est-ce pas au fond dire qu'il faut préférer n'aider personne à n'aider qu'un seul - à ne pas aider chacun pareil?

Et puis, quitte à ce soucier de cette forme de déséquilibre, pourquoi ne pas se soucier de la forme de déséquilibre analogue qui surgit des chiffres d'un conflit meurtrier, indépendamment du nombre absolu de tués, lorsque le nombre des tués dans un camp diverge outrageusement de ceux dans l'autre camp? Peut-être, d'ailleurs, la cause de la "focalisation irrationnelle" que vous relevez, est-elle à chercher là...

Certes en chiffres absolus sur la dernière année, les statistiques secondent largement votre position. Votre article relève que la presse est responsable de l'attention privilégiée portée au conflit israélo-palestinien.

Ok, mais allons alors un pas plus loin, pourquoi la presse y est-elle particulièrement attentive? Il y a plusieurs facteurs à relever qui n'ont rien à voir avec l'antisémitisme. Ainsi la durée, cela fait cinquante ans que ça dure. Ensuite justement le déséquilibre du nombre de tués dans un conflit où (comme toujours) on se pare de part et d'autre de "la légitime défense". N'est-il pas logique que la conjonction de ces deux facteurs conduise à la longue un nombre grandissant à prendre parti pour les plus faibles?

Vous relevez avec justesse que le rapport d'OXFAM sur les violences ne donne pas de chiffres pour le cas palestinien, curieusement puisqu'il le fait pour les autres. Je suis donc allé consulter Wikipedia sur l'opération plomb durci : et là, c'est les 13 morts contre 1300 qui m'ont sauté aux yeux. 1 pour 100. Ah, il s'agissait de légitime défense? Pour qui?

Cordialement.

Écrit par : Boris Borcic | 30/08/2010

Déjà pour moi, il est clair que vous mélangez des notions qui ne le sont pas.

Franchement, comment comparez le prix d'une vie et le prix d'une aide sociale. Et les conditions du nombre de tués et pourquoi. Bref, pour moi, Là les chiffres parlent d'eux-même. Pour moi, il est intéressant de savoir pourquoi on aide pas plus l'afrique alors que la pandemie du SIDA n'est pas en train de diminuer, que l'on parle de nombres de morts en milliers (si ce n'est million) et qu'on préfère donner de l'argent à des personnes - qui menacent- la paix en fustigeant des mots de haine!

Quand à votre définition du mot faible, faible voudrait dire que ces gens n'ont pas d'argent pour s'acheter des armes, pour faire le jihad, pour creuser des tunnels, bref, je pense que vous êtes une victime de leur propagande, comme au temps des communistes, qui tuaient par milliers des innocents et qui étaient soutenus par des pseudo-intellectuels gauchistes, béa d'admiration!!




Quand aux pseudo-cours de moral, soit disant, p

Écrit par : rose Telaviv | 30/08/2010

Et Vlan dans les dents! J'ai lu un article sur le sujet.....

IP à vérifier Rose :))))))))))

Écrit par : Patoucha | 30/08/2010

Non, je ne compare pas le prix d'une vie et le prix d'une aide sociale. Je compare le fait (A) de s'offusquer (ou pas) d'une grande disparité des aides sociales, cela avec le fait (B) de s'offusquer (ou pas) d'une grande disparité du nombre des tués. Et veuillez noter que si au sein du cas (A) on compare des sommes d'argent, dans le cas (B) on ne compare rien de tel (cf votre "prix d'une vie" que vous m'attribuez sans fondement).

Et "les plus faibles" était donc naturellement *défini* dans ce cadre - pourquoi cherchez-vous midi à quatorze heures? - très simplement comme le camp de ceux qui se font tuer en plus grand nombre dans ce conflit. Cela dans un rapport qui varie entre 3 pour 1 et 100 pour 1, année après année après année après année...

Vous dites qu'il faut être "pseudo-intellectuel communiste" pour trouver que la comparaison du nombre des tués est une façon spontanée d'identifier les plus forts et les plus faibles dans une guerre sans fin ? Vous dites donc en particulier, que les forces israéliennes sont indifférentes au fait de garder nettement le dessus en termes du nombre de tués ? Mon oeil.

Écrit par : Boris Borcic | 01/09/2010

En plus, je ne "compare" pas directement, je -propose- de respecter les canons de la rationalité en mettant en concurrence avec une autre, votre hypothèse explicative de cette faveur relative dont vous faites remarquer que les palestiniens jouissent auprès des (rédactions) européen(ne)s.

Est-ce trahir votre argumentation que d'estimer qu'elle ménage un lectorat en connivence avec des syllogismes hérités de l'Histoire ?

Enfin, c'est ce qui me paraît ressortir de la phrase à propos du sida dans votre réponse, il se ressent un indéniable vertige lorsque cette phrase en vient à associer les palestiniens au déficit d'attention pour l'épidémie de sida (qu'elle commence par dénoncer d'un souffle convaincant). Ai-je tort de discerner dans ce vertige l'invitation de conclure à une irrationalité étendue et en sympathie avec les ennemis de l'Etat juif ? Une conclusion elle-même de connivence avec un syllogisme de la forme "si c'est irrationnel, et si c'est contre nous/Israël, alors c'est antisémite (en vertu du devoir de mémoire et du principe de précaution)" ??

Je pense que pour l'usage rétrospectif, le constat d'irrationalité est un bon moyen de s'abstraire des agressions vécues (plutôt que de se torturer avec les tenants et aboutissants). Mais que pour l'usage prospectif le constat d'irrationalité se situe de règle entre la distraction inutile et le passe-partout dangereux (je peux élaborer si vous voulez). A son tour le principe de précaution requiert donc de ne l'employer qu'avec réticence. Ce qui implique enfin ici l'ouverture à ce qu'explication soit proposée, qui fasse l'économie du constat d'irrationalité.

Et l'explication que j'ai esquissée est bien super-économique, au sens qu'elle utilise pour se fonder une structure que vous avez déjà invitée (rasoir d'Occam : ne pas multiplier sans nécessité les êtres dans les explications). Pour mémoire il s'agit donc de la structure-clé du malaise au constat d'une forte disparité entre des données vitales relatives à des populations qu'on se trouve des raisons de comparer.

L'explication consiste à dire : si les rédactions européennes tendent (admettons) à trop en faire pour les palestiniens, c'est que les rédactions sont formées de journalistes qui ne changent pas du jour au lendemain; *et* qu'au fil des ans des journalistes pertinents qui seraient par ailleurs indifférents, se retrouvent avec une occasion de prendre parti humainement pour les plus faibles, *cela* chaque fois que la supériorité militaire israélienne s'exprime à nouveau de la façon précitée - *et* que le travail de ces journalistes exige donc d'eux qu'ils se penchent sur l'événement. Or, comme nous le savons, Israël a de ce point de vue le dessus avec une constance considérable depuis fort longtemps.

Vous diriez, mais pourquoi les choses sont-elles assez différentes avec les Etats-Unis ? ama c'est d'abord que le cas d'Israël contraint au devoir de mémoire et que pour des raisons historiques le devoir de mémoire ne confronte pas les consciencieux à la question de la sensibilité à la souffrance, de la même façon en Europe qu'aux Etats-Unis. Pour faire court, je vous rappelle qu'en 2004 un ministre israélien de la justice, d'origine européenne, a démissionné avec fracas sur l'observation que l'oeuvre de Tsahal à Gaza lui rappelait le ghetto de Varsovie. (On peut d'ailleurs se demander si ce n'est pas précisément ce qui a inspiré à Sharon l'idée du retrait, mais c'est une autre histoire).

Cordialement.
--

PS Je ne suis pas sûr de comprendre la remarque de "Patouche" sur "l'IP à vérifier". Le moins paranoïaque me paraît qu'il/elle veuille suggérer que je feindrais de poster de l'étranger des propos d'insider à Israël, ce qui serait aussi, à la limite, assez flatteur (puisque je n'y ai jamais mis les pieds). Mais il y a d'autres possibilités.

Écrit par : Boris Borcic | 03/09/2010

? C'est quoi tout ce charabia? Vous écrivez comme vous parlez.... comme un pied!

....des propos "d'insider" à Israël,


Ne cherchez pas à développer "ma remarque sur l'IP", vous n'y êtes pas du tout! Flatteur? Qu'y a-t-il de flatteur?

Courage Rose :)

Écrit par : Patoucha | 04/09/2010

@Patoucha.

Ô combien brillamment, vous êtes désobligeante. C'est en bon masochiste que je puis l'observer. Pour autant, ce talent suffit-il pour éviter la déception à votre vocation de tout avoir compris ?

Je vous accorde volontiers que j'ai manqué de faire précéder ce pensum qu'est mon 3e long message d'une instruction de garde : "à lire seulement après les 2 autres pour qui veut alors m'en faire un procès".

Dans ce 3e message, je ne fais que redire ce que j'avais écrit dans le premier message!!!

Pourquoi une telle différence de longueur ? C'est la différence entre laisser aux mauvaises volontés la liberté de comprendre de travers, et ne plus laisser aux mauvaises volontés que celle de ne pas comprendre.

Si vous voulez, une interprétation particulière et naïve du vieux tube "oh god, please don't let me be misunderstood".

Qui ne fait évidemment pas le poids face à vos instincts, ha, politiciens : Si l'on parle à la multitude d'un lieu de tension litigieuse, évidemment que "laisser aux mauvaises volontés la seule liberté de ne pas comprendre", c'est laisser à qui voudra s'inscrire en leader contre soi, la liberté de fixer pour la foule une interprétation arbitraire.

Au fait, vous la voyez où, la foule, Patoucha ?

Écrit par : Boris Borcic | 08/09/2010

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