11/08/2010

Jerusalem et Crise humanitaire à Gaza ?

En direct ou presque de la ville sainte, suivi d'un article de Shmuel Trigano, publié d'abord par lefigaro.fr et repris par l'association france-israël.



Crise humanitaire à Gaza ? Par Shmuel Trigano

http://www.france-israel.org/articles.ahd?idart=892


Article paru dans Le Figaro du 9 août 2010.

 

[Il faut savoir gré au professeur Trigano d’avoir rédigé cet article, fort bien documenté et sans imprécations ni effets rhétoriques inutiles, ce qui le rend encore plus ruineux pour les calomnies qui salissent chaque jour l’image d’Israël dans la presse internationale. On notera le texte du "chapeau" du Figaro : « Le directeur de la revue "Controverses" conteste l’analyse de la situation à Gaza faite par Chris Patten dans nos éditions du 6 août ». J’avoue avoir été (agréablement) surpris que ce média ait donné à Shmuel Trigano ce qui ressemble à un "droit de réponse" aux accusations partiales et inexactes de ce haut fonctionnaire de l’ONU, qui, il faut le noter, a toujours été violemment hostile à Israël. Ainsi, une voix dissonante – et combien autorisée – a pu faire entendre une note de vérité dans la cacophonie hostile générale. Il faut s’en réjouir, même si c’est une goutte d’eau dans un océan de mauvaise foi médiatique. (Menahem Macina).]

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L’accusation de Chris Patten1 s’autorise, à n’en pas douter, du Rapport Goldstone de l’ONU sur Gaza, accusant Israël de “crimes de guerre” et de “crimes contre l’humanité” (“la politique d’Israël met au défi pur et simple le droit international et les normes coutumières”). La revue Controverses a démontré dans une étude de 250 pages à quel point ce document n’était pas fiable2, tant sur le plan de l’enquête juridique que de l’interprétation du droit international. Depuis plus de 10 ans, une guerre psychologique fait rage, remportée par la cause palestinienne qui tient le haut du pavé dans tous les médias, et nous assistons, impuissants mais conscients, à ses ravages qui font écran au réel au point que l’on ne distingue plus la réalité des allégations idéologiques. Les acteurs de cette guerre se nichent dans les ONG et instrumentalisent à tour de bras les droits de l’homme et les causes humanitaires afin de délégitimer l’Etat d’Israël dans son essence même3 en le présentant comme un Etat raciste et criminel pratiquant l’apartheid.

Chris Patten, président de Medical Aid for Palestinians, est donc bien dans son rôle et il prend beaucoup de libertés avec la réalité. S’indigner de “l’indifférence de la communauté internationale” à propos de Gaza a de quoi stupéfier, au constat du déluge médiatique à ce propos. “Réveillé par les attaques militaires israéliennes de décembre 2008 et 2009”, il dormait donc profondément pendant des années alors que 12 000 roquettes tirées de Gaza faisaient de la vie du sud d’Israël un enfer.

Chris Patten reconstruit l’histoire de façon imaginaire. Il fait comme si le Hamastan n’avait pas déclaré la guerre à Israël qui venait de se désengager de ce territoire. Il ne se pose jamais la question de savoir pourquoi l’Autorité Palestinienne est hostile au Hamas et à l’Egypte, partie prenante du blocus avec un mur d’acier de 9 kms ! Serait-elle donc co-responsable du martyre de Gaza ? Personne, pourtant, ne s’en prend à elle ni ne dirige ses armadas “humanitaires” vers ses rivages. Qui a entendu parler du convoi humanitaire lapidé par les Egyptiens avant d’arriver à Gaza, ou des 250 tonnes d’articles alimentaires, brûlées par elle en mai 2009 ?

Qui a détruit les “infrastructures industrielles” de Gaza, sinon d’abord le Hamas ? Les serres israéliennes, qu’une organisation internationale avait rachetées au profit de Gaza, furent immédiatement détruites. Si les industries se sont raréfiées - ce qui est à vérifier - c’est sans doute le résultat de la guerre permanente décrétée par le Hamas. Les fabriques d’armement et d’importation d’armes iraniennes ne cessent pas, elles. Stopper le blocus serait la meilleure façon de faire de Gaza un port militaire iranien aux portes d’Israël et de l’Europe.

Affirmer que Gaza est au bord de la famine relève du mensonge, à un tel niveau de généralisation.

  • On peut visiter sur Internet4 les restaurants de luxe des plages de Gaza, le “Rootsclub”, le Green Terrace Cafe, l’Ambassador Banquet Hall, Big Bite, etc. Les premiers à le savoir devraient être Chris Patten et les journalistes qui les fréquentent !
  • On peut aussi avoir une idée5 du centre commercial de grand luxe qui vient d’être inauguré, climatisé, avec un parking de 600 places, un ensemble de manèges.
  • On se demande aussi comment, avec l’embargo sur les “matériaux de construction”, une piscine olympique a pu être inaugurée6!
  • Le journal Palestine Today du 26 novembre 20097 publie un reportage sur les fêtes de l’Aïd, avec force photos d’abondance et d’affluence.
  • Le 29 juin 2010, le journaliste égyptien Mahmoud Hammadi explique, dans le quotidien Rose El Yousef, que la vie à Gaza est bien meilleure qu’en Egypte et qu’un “blocus humanitaire” de ce genre serait une bénédiction pour le peuple égyptien. Il remarque que les magasins sont pleins de marchandises8.

 

La population “meurt de faim” ose écrire Chris Patten.

Et qu’en est-il de l’électricité dont il fustige “les coupures” qui retentissent si gravement sur les “hôpitaux” ? C’est, là aussi, une allégation sans fondement, et Chris Patten devrait, avant d’accuser, vérifier ce que les chefs du Hamas lui disent ! La centrale électrique de Gaza produit à elle seule 30% de l’électricité. 10 lignes à haute tension venant d’Israël fournissent 62% de l’énergie et 2 lignes d’Egypte, 7%. La fourniture israélienne n’a jamais été interrompue si ce n’est quelques heures lorsque ses bénéficiaires gazaouis ont tiré sur la centrale d’Ashkelon : le personnel l’a réparée sous les tirs au péril de sa vie.

A l’instar de Chris Patten, les ONG se plaisent à peindre une situation de catastrophe humanitaire. Mais toutes les statistiques internationales infirment ce mensonge : le taux de mortalité y est de 3,44 morts pour 1000 (en Algérie: 4,64, en France, 8). La population y progresse de 3,29 % par an (6eme rang mondial), la mortalité infantile y est de 18 pour 1000 (29 au Maroc), l’espérance de vie est de 73 ans (Egypte: 71 ans, Afrique du Sud: 49 ans). Pour une crise humanitaire régulièrement annoncée depuis plus de 15 ans, la situation semble tout de même correcte !

Cela n’empêche pas qu’il puisse y avoir des pauvres à Gaza et des destructions du fait de la guerre du Hamas. On pourrait parfaitement accréditer l’idée que la France est au bord de la crise humanitaire si l’on décidait de ne filmer que les camps de Roms. A Gaza, gouvernée par une organisation totalitaire et nécessairement mafieuse, il y a une classe moyenne et des classes très riches qui s’enrichissent de ce qu’elles prélèvent sur la contrebande des tunnels et des subventions mondiales, investissent dans l’immobilier et les terres, se font construire de superbes villas. On conviendra qu’une population qui aura doublé dans 15 ans s’expose à des difficultés économiques insurmontables ! Ce sera, bien sûr, de la faute d’Israël si elle manque d’eau !

 

Shmuel Trigano *

 

* Professeur des Universités, directeur de la revue Controverses.

 

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Notes

 

1. “Oui, Gaza est une prison !”, Le Figaro, 6 août 2010. [Cet article étant réservé aux abonnés à la section MonFigaro, je l'ai repris d'un site pro-palestinien, et l'ai mis en ligne sur le site de France-Israël. (Menahem Macina).]

2. Editions de l’Eclat, http://www.controverses.fr. On peut le consulter et le télécharger sur Internet.

3. Stipendiées par nombre d’Etats, elles sont, en fait, leur bras “juridique” pour influer sur la politique israélienne. Cf. le rapport de NGO Monitor(www.ngo-monitor) que Controverses publiera dans sa livraison d’automne.

4. En anglais, en arabe, et en vidéo. On trouvera les autres restaurants à la mode sur internet. Cf. Tom Gross, National Post, 25 mai 2010. “Fancy restaurants and olympic size pools: what the media won’t report about Gaza”.

5. http://www.gazamall.ps/index-php?goTo=showpage&id+61.

6. Cf. agence de presse palestinienne Maan News Agency, 7/8/2010.

7. Voir : Palestine Today, sur Internet. Le Wall Street Journal du 3 décembre 2009 en reproduit aussi.

8. Publié en traduction par le site Memri.


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© Le Figaro

 

Mis en ligne le 9 août 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org

19:55 Écrit par Rose Tel-aviv dans désinformation-information | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

Bravo Rose pour vos billets.

C'est effectivement rare, pour le souligner, que Le Figaro ait publié Shmuel Trigano. Ce journal est remonté dans mon estime car je commençais à me poser des question sur son éthique journalistique.

Mais, il faut l'avouer, rien ne vaut l'impact des photos pour contrer le mensonge et la propagande. Une vidéo montrant une palestinienne vantant Gaza - sans doute pour attirer les touristes - est passée il y a quelques jours et j'ai bien cru qu'elle ferait l'objet d'un billet....

Belle nuit :)

Écrit par : Patoucha | 13/08/2010

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