27/06/2010

Shlomo Sand et le peuple juif

vlà, je l'ai acheté , le fameux, le sulfureux " Comment le peuple juif fut inventé"..... je me suis rendue en catimini à la caisse un peu honteuse de mon achat...déjà le premier pas, le deuxième, ben faut le lire...édition poche avec une nouvelle préface de l'auteur. Alors, je sais que Shlomo Sand a déjà fait couler beaucoup d'encre, et que ma pt'note ne changera pas grand chose et sans doute n'apportera rien de nouveau.

Je n'ai pas fini de le lire mais déjà je vous livre mes premiers émois, j'en suis au chap. 3 p 265, édiion poche -flammarion)

Déjà dans cette nouvelle préface (je n'ai pas lu l'ancienne) Sand s'étonne des réactions que le livre a pu apporter, donc, déjà on peut se demander si cette personne a une quelconque empathie ou juste un brin de psychologie, et qu'il réalise son livre non seulement est vraiment, vraiment bizare.

Alors, déjà, pour bien comprendre S. il faut comprendre que celui ci est athé. Déjà un athé profond, alors, je ne sais pas si c'est athé ou agnostique (je n'ai pas toujours très bien compris la différence) mais je crois qu'à la base le problème est là. Comment un homme peut-il croire ce qu'il ne veut croire, ou voir ce qu'il ne veut voir.

En fait Shlomo s. ce sert de ce livre pour prouver qu'il a raison, de croire ce qu'il croit et qu'il a raison.

Tout ce bouquin S cherche a prouvé que LUI Shlomo sand le grand, il est plus intelligent que tout les autres intellectuels qui n'est jamais vécu sur terre, que LUI et ben, il connaît la vérité. Et sa vérité ben elle est simple: la bible (Torah, ancen testament etc..) c'est un tissus de conneries.

Ah, c'est sûr, pour le dire, Shlomo sand va nous sortir l'étalage de son vocabulaire - inépuisable- et - intello - bref, l'étalage de sa grandiloquence! et surtout de sa supérioté! m.Shlomo sand est intelligent et cultivé, faut que cela se sache!

Le premier chapitre, est l'histoire de sa famille ou des personnes qu'il a pu croisée dans sa vie qui ont forgé son idéologie. Shlomo sand enseignait l'hébreu à Paris, ses parents sont d'origine juive de l'Est, son père est "anarchiste", emmigré sans son consentement? et la famille de sea femme est d'origine juive bien qu'il le relève lourdement (ca à l'air important à ses yeux) que son beau-père n'était pas juif (du moins selon la halakah) mais catalan.  On peut s'étonner que le melting-pot des cultures juives semblent gêner l'auteur, je ne comprends pas. Il en déduit que les origines diverses ne peuvent donc pas créer un peuple?

S'en suit un longue digression.sur les origines de nouveau diverses du peuple juif. Pour lui un juif sépharade et un juif ashkenaze n'ont rien en commun...? étrange, bref, pour lui le multi-culturalisme ne peut que signifier que le peuple juif n'existe pas. Bien, que je ne sois pas historienne, les juifs des différentes régions ont toujours plus ou moins entretenus des relations, simplement shlomo semble oublier que a- le téléphone n'existait pas, que les avions non plus et que pour parcourir ce actuellement on fait en 3h, on mettait à l'époque de dos de cheval (dans les meilleurs des cas) entre 3 semaines et 3 mois. ... nan, mais cela passe bien au-dessus des considérations de Shlomo sand....

Bref, en trois histoires, bien pensée -évidement sa famille pour réference- Shlomo nous déduit tout de go: hop, le peuple juif est donc une invention! rien de moins et il va nous le prouver en 3 coups de cuillère à pot!! extraordinaire non?

le chapitre un , très indigeste, ou l'auteur a coup de définition va nous apprendre la base de se qui définit une nation, son histoire bref, la théorie théoricienne, comme je les aimes (sic! ^^) du blabla d'intello, de l'étalage de confiture, pour apprendre ce que serait les fondement d'un pays, son identité, je propose à ce sujet à Shlomo sand d'écrire à Sarkozy- qui a qq problèmes d'identité nationale....bon bref,"c'est le nationalisme qui crée les nations...." "imaginaire religieux"....tout en ce contredisant, mais bon S. n'est plus à çà près du moment que ca sert sa cause à lui, il nous invente donc une nouvelle religion : le sandique? L'art de ne croire à rien et que les peuples lambdas sont des cons, enfin surtout les gens qui croient en D'. ou ..

ne vous y trompez pas, Shlomo sand remet en cause "le peuple juif" mais en même temps, il remet en cause les bases de la chrétienté aussi et j'imagine aussi par là, les fondements de l'Islam. Mais rien n'arrête Shlomo dans ces convictions, il a raison et il vous le prouve

Ensuite, si vous êtes bien accrochés, vous attaqués le chapitre 2. Je recommande quand même de faire une pause entre chaque chapitre, histoire que cela ne devienne pas trop indigeste.

Chap 2. Ben gurion est un intello frustré- dixitl'auteur de notre brûlot- bon- moi, qq part, chacun ses opinions, mais sait-on pourquoi? non, la conclusion est là sans équivoque et la sentence est imprimé, au diable les considérations!

Après, par moultes tergiversations, trop compliquées à résumer (en fait j'ai la flemme), Monsieur S. nous prouve que Flavius était un idiot mégalo qui ne savait pas compter, les autres historiens ne valent pas plus franchement y a que lui le plus beau ? et surtout le plus malin.

Monsieur S semble surtout oublier que la Bible n'est pas un livre d'Histoire, n'est pas un livre comme les autres..... Et que la Bible ou plutôt, ce qui est attaqué ici c'est la Torah, (mais il n'écrit pratiquement le mot Torah, étrange d'ailleurs, il se contente la plupart du temps de la terminologie chrétienne, bien qu'il cite une ou deux fois la Mishna (il l'a lu?) et le Talmud (idem?) Tout le monde sait que les "iconhérences " bibliques ne sont là que pour souligner des faits ou pour le message qu'il est donné. J'arrête là mon commentaire, car je pense qu'il y a des gens bien plus à même de parler de ce point. Mais j'ai trouvé les passages du livre de Sand, à la limite de l'erétisme, voir éretique.

avinu-torah8hu2.jpgJe sais bien que ce n'est pas parce que x milliards de personnes pensent que la Torah, la Bible et que ces écrits sont vrais, prouvent pour autant qu'elles sont vraies(raions). Mais Shlomo Sand est un peu; seul contre tous.

Certaines de ses théories sont vraies ou sont logiques, je pense que sur certains points on pourrait même dire qu'il a raison, et puis alors? ces théories ne prouvent elles non plus pas grand choses et son idéologie est d'un extrémisme !

Prouver que la Torah est un tissus de mensonge parce que l'on a trouvé 5 casseroles - je ne sais ou dans le désert- c'est aussi tiré par les cheveux!

Bref, Shlomo Sand (je l'ai dit j'ai pas fini encore le livre ...) il l'écrit pour prouver qu'on a raison , on cherche les élements qui le prouve. A force de trier, et de nier les éléments contradictoires, Shlomo sand finit par ne plus être crédible. Certes ses théories sont très intéressantes, mais elles prouvent pour moi qu'un chose: le peuple juif existe bien, à traver les âges, les siècles il a su : survivre, garder sa propre culture, sa langue et sa spécificitié. Que l'on soit Ash ou Sepharad, juif du nord du sud ou falasha, le peuple juif existe bien. Et si ca dérange tant Shlomo pourquoi il ne part pas vivre aux Indes?...

@rose.telaviv

liens :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Shlomo_Sand

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205

11:24 Écrit par Rose Tel-aviv dans Politique | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook

Commentaires

Un Athée : Il nie l'existence d'une transcendance.
Un Agnostique ( A privatif et Gnostique du grec gnosis : connaissance): est celui qui ne sait pas i.e. il ne se prononce pas.

Écrit par : Abd Alouadoud | 27/06/2010

disons que je ne sais pas où classer Shlomo sand, Agnostique? Eretique? athé? peut-être les 3?

Écrit par : rose Telaviv | 27/06/2010

Il est athée et s'en vante !

Écrit par : Abd Alouadoud | 27/06/2010

ALors? Vous m'apprenez l'hebreu et je vous apprends le Yoga?





RdRose
je ne parle pas bien l'hébreu et je fais déjà du yoga...

Écrit par : Abd Alouadoud | 27/06/2010

En eretz Israel, et vous ne connaissez pas encore l'Hebreu?!!!!

-----------Ndrose:
prenez des cours...
http://www.morim.com/
revenez au sujet merci

Écrit par : Abd Alouadoud | 27/06/2010

Merci pour le lien

Écrit par : Abd Alouadoud | 27/06/2010

quel courage de s`etre attaque a ce tas de boue qu`est le pave de Sand, "historien" de l`universite de Tel-Aviv, une preuve de plus de notre democratie excessive.... les traites viennent bien toujours de l`interieur, et il est surtout remarquable comme les medias francais (entre autre) et les librairies se sont arraches se pave , meme pas utilisable comme papier WC, du moment qu`ils avaient encore une occasion de nos cracher a la figure, et cette fois-ci comme lors des controverses du Talmud de Paris et d`Espagne au Moyen-Age, c`est a cause de ceux que nous appelons nos freres.... je ne comprendrais jamais pourquoi tous ces gens qui vivent en Israel (heureusement tres peu nombreux en fait) et qui n`aiment pas ce pays continuent a y vivre. le monde est suffisament vaste en find e compte; a moins qu`ils aient constate qu`on ne voulaient pas d`eux en gualout.... ou plutot ai-je une raison, c`est bien parcequ`ils vivent en Israel, une vraie democratie qu`ils peuvent cracher dessus.....

Rd Rose, rassurez-vous, j`ai fait mon alyah depuis Geneve il y a 1 an, mon hebreu n`est pas encore non plus au point, mais comme le votre il evolue de jour en jour. pour ceux qui comprennent pas. allez vivre en Suede ou au Japon et voyez combien de temps il vous faudra pour communiquer....

Écrit par : ori | 28/06/2010

mardi 31 mars 2009

Le négationnisme de Shlomo Sand, démonté par Eric Marty

"Nier l'identité juive est une vieille marotte, aujourd'hui parasite obstiné de la pensée contemporaine. D'où vient ce vertige du négatif ? On l'aura compris en lisant le livre de Shlomo Sand : d'un désir obscur de faire des juifs de purs fantômes, de simples spectres, des morts-vivants, figures absolues et archétypales de l'errance, figures des imposteurs usurpant éternellement une identité manquante. Eternelle obsession qui, loin de s'éteindre, ne cesse de renaître avec, désormais, un nouvel alibi mythologique : les Palestiniens."

"Tout le monde se souvient de quelques énoncés qui, jadis, firent scandale : selon une rumeur venue d'Europe, les chambres à gaz n'avaient jamais existé, selon une autre, émanant du monde arabe, le Temple juif de Jérusalem était une invention des colons sionistes, malgré son attestation par le Coran décrivant Jésus y priant "debout".

Mais avec le siècle qui vient, et qui s'annonce comme redoutable, on aura compris que ces négations-là ne relevaient que du détail. Le livre de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé : de la Bible au sionisme (Fayard, 2008), règle la question de manière définitive. Le peuple juif n'existe pas : divine surprise !

Inutile de faire l'apprenti chimiste pour déclarer l'innocuité du Zyklon B, inutile de jouer à l'archéologue pour faire du Mur des lamentations une excroissance de la Mosquée Al-Aqsa, car si le peuple juif n'est qu'une invention du XIXe siècle sous le paradigme occidental de l'Etat-nation, alors la question est réglée. Certains pourront en conclure d'ailleurs qu'il est bien naturel qu'un peuple qui n'existe pas invente à l'infini des légendes pour attester sa pseudo-existence.

Ce n'est pas ici le lieu de dénoncer les confusions, et surtout le caractère naïvement massif de la thèse du livre de Shlomo Sand. Des spécialistes l'ont fait. Il s'agit de l'oeuvre d'un historien autodidacte dont les informations sont de seconde main, qui mêle les approximations à des choses connues, mais qui sont présentées sous l'angle biaisé de découvertes sulfureuses.

Sand présente le fait qu'il n'y a pas de race juive comme une découverte qui fait du peuple juif une invention historique. Mais ce faisant, il confond deux catégories étrangères l'une à l'autre, celle de "race" et celle de "peuple". La tradition d'Israël n'est pas une tradition raciale comme la Bible l'atteste (l'épouse non juive de Moïse, Séphora, Ruth, l'étrangère, ancêtre du roi David), tradition perpétuée par l'actuel Israël, comme tout visiteur peut le constater en admirant dans le peuple juif son extraordinaire pluralité : juifs noirs, jaunes, blancs, orientaux, blonds, bruns... La substitution race/peuple est révélée par le titre : Comment le peuple juif fut inventé... Or tout le livre consiste à vouloir prouver que les juifs actuels ne sont pas "génétiquement" les descendants des Hébreux.

On dira que le peuple juif n'a jamais cessé d'être "inventé" : par Abraham, par Jacob, par Moïse... Mais aussi par chaque juif. Car l'invention même du peuple juif, loin d'être une preuve de son inexistence, est une preuve radicale - irréfutable - de la singularité radicale de son existence propre. Existence fondée sur le principe abrahamique de son invention ou de sa vocation, puisque cette existence est réponse à un appel.

CONCLUSION PERVERSE

Peuple unique en ce qu'il est fondamentalement logocentrique - lié au langage, lié au nom - et textocentrique, lié à un texte : la Torah. Que la filiation soit constitutive du peuple juif ne peut apparaître comme un élément ontologique. Le principe de filiation n'est que la régulation civile de l'existence historique de ce peuple, des conditions de possibilité d'une perpétuation qui autorise son inscription dans le temps chronologique, dans le temps de l'histoire humaine. Voilà pourquoi il y a un peuple juif, voilà pourquoi il n'y a pas de "race juive", même s'il est patent que les Cohen et les Lévy du monde entier ont quelques liens incarnés. C'est ce qu'on peut appeler très simplement la facticité juive : le fait d'être juif.

Le livre de Sand manifeste là l'indigence de son "épistémologie". Sand est un "moderne". Il voudrait devenir le Michel Foucault du XXIe siècle. Il espère, en proclamant que le peuple juif est une "invention du XIXe siècle", reproduire, en le mimant, le Foucault de jadis affirmant que l'homme était "une invention récente". Mais, pour Foucault, il était fondamental, à l'intérieur du discours philosophique moderne même, de réfléchir méthodiquement à cette "invention" dans les savoirs - l'homme - et de la déconstruire.

Or c'est sur ce point que le livre de Sand se révèle vide. Car s'il dénie aux juifs une aspiration, qu'ils n'ont jamais eue comme peuple, à se constituer en race, il ne déconstruit pas la notion de race. Au contraire, il lui confère, à dessein ou non, un statut de vérité qui se donne comme vérité ultime. En effet, la conclusion, proprement perverse, de son livre est d'attribuer au peuple palestinien ce qui a été dénié aux juifs, à savoir qu'ils sont - eux, les Palestiniens - les vrais descendants génétiques des Hébreux originaires !

Cet épilogue est le révélateur de la finalité du livre. On y trouve le principe mythologique de l'inversion dont le peuple juif est la victime coutumière : les juifs deviennent des non-juifs et les Palestiniens les juifs génétiques. On peut, dès lors, en déduire qui est l'occupant légitime du pays. En ne déconstruisant pas radicalement la notion d'héritage génétique, en en faisant, au contraire, bénéficier le peuple palestinien, Sand révèle tout l'impensé qui obscurément pourrit ce qu'il tient pour être une entreprise libératrice. Il montre que la méthode substitutive qu'il emploie est tout simplement mystificatrice, et ce d'autant plus qu'elle voudrait être au service de l'entente entre les ennemis.

Nier l'identité juive est une vieille marotte, aujourd'hui parasite obstiné de la pensée contemporaine. D'où vient ce vertige du négatif ? On l'aura compris en lisant le livre de Shlomo Sand : d'un désir obscur de faire des juifs de purs fantômes, de simples spectres, des morts-vivants, figures absolues et archétypales de l'errance, figures des imposteurs usurpant éternellement une identité manquante. Eternelle obsession qui, loin de s'éteindre, ne cesse de renaître avec, désormais, un nouvel alibi mythologique : les Palestiniens.

Écrit par : Patoucha | 28/06/2010

Le titre a été instrumentalisé par les anti-Israéliens/Juifs, seulement voilà le gauchiste Shlomo Sand a dit:

1/ qu'il n'est pas spécialiste de l'histoire juive, qu'il s'est inspiré des connaissances d'autres historiens, piquant par ci, par là certaines quelques phrases qu'il a arrangées à la sauce gauchistopalestinienne, avec les dégâts qu'on connaît!
Il est à constater que si les laïcs israéliens ont bien accueilli son livre - ils doivent s'en mordre les doigts - rien que son titre a fait sortir des bois des loups qui l'ont bien exploité!

2/ " Il n’y a pas plus de peuple juif que de peuple chrétien ou musulman.» Conséquence logique du raisonnement: «Il n’y a pas non plus d’Exil, ni donc de Diaspora.» "

3/ Dans une interview il a tenu à dire: " Je suis Juif et Israélien".....

Ces trois derniers paragraphes de Wikipédia résument tout ce qu'on peut dire de ce pseudo historien:

"Des historiens spécialistes de l'Antiquité juive ont critiqué le point de vue de Sand. Israël Bartal écrit que les affirmations de Shlomo Sand étaient déjà connues des historiens spécialisés en histoire juive. Il indique qu’« aucun historien du mouvement national juif n’a jamais réellement cru que les origines des Juifs étaient ethniquement et biologiquement “pures”[7]. » Bartal parle à ce propos de l'" invention d'une invention". "

"D'autres historiens ou politologues s'opposent aux théories de Shlomo Sand : Simon Schama, Nicolas Weill, Mireille Hadas-Lebel ou Pierre-André Taguieff, entre autres. Ils lui reprochent principalement de méconnaître aussi bien l'histoire du peuple juif que l'historiographie contemporaine en Israël. Selon ces auteurs, l'ouvrage de Sand contiendrait de graves erreurs historiques, dues au fait que Sand n'est pas spécialiste des sujets qu'il y aborde. Pour Taguieff, par exemple, le livre de Shlomo Sand vise simplement à nier la réalité historique du peuple juif et, de ce fait, à tenter de justifier la disparition de l'État d'Israël."

"Shlomo Sand, qui ne prétend pas être un spécialiste de l'histoire juive, considère plutôt s'appuyer sur des connaissances historiques oubliées ou ignorées du grand public. Il le reconnaît ainsi dans une interview au quotidien de gauche Haaretz[8]. (...) "

Les islamistes et racisto-antisémites que nous lisons justement sur cette plate-forme se sont allègrement inspirés des lignes ci-dessous desquelles ils nous rabâchent encore les oreilles mettant en exergue le fait que l'abruti en manque de notoriété qui a écrit cette énormité soit un juif israélien?!

"Dans une interview donnée au quotidien marocain, L'Économiste, il déclare aussi : « Il était plus logique de créer un Etat juif en Europe. Les Palestiniens n’étaient pas coupables de ce que les Européens ont fait. Si quelqu’un avait dû payer le prix de la tragédie, ça aurait dû être les Européens, et évidemment les Allemands » [10]."

Écrit par : Patoucha | 28/06/2010

Voyons ce que nous apprend Albert de Pury sur l'histoire du peuple juif:

Sylvie Arsever (Le Temps)

Albert de Pury, professeur d’Ancien Testament, analyse la façon dont s’est constitué le récit biblique de l’histoire du peuple juif - un peuple avant tout spirituel qui n’a cessé de se redéfinir, a entretenu des rapports constants avec les populations qui l’entouraient et dont la foi a connu un très grand rayonnement au tournant de l’ère. A cette époque, entre 6 % et 10% de la population de l’Empire romain se réclame du judaïsme, présent des bords de la mer Caspienne à l’Espagne.Et l’avénement de l’Islam, six siècles plus tard, dans une Arabie fortement judaïsée peut s’analyser comme une réaction contre le christianisme byzantin, un retour aux principes plus strictement monothéistes du judaïsme.

Samedi Culturel: Le peuple juif descend d’Abraham: vrai ou faux?

Albert de Pury: Les récits des origines sont par définition mythiques et c’est d’abord comme ça qu’il faut les comprendre. Dans le meilleur des cas, chacun de ces récits nous donne accès à un «milieu producteur» dont on peut essayer de cerner l’arrière-plan culturel ou politique, voire le contexte historique. Pour un historien moderne, votre question devrait donc être reformulée ainsi: «A quel cercle peut-on attribuer la tradition selon laquelle le peuple d’Israël descend d’Abraham?» C’est en Genèse 17 que nous avons, à mon avis, le récit le plus ancien concernant Abraham. Il est présenté comme un ancêtre partagé par plusieurs héritiers, un père pluriethnique («Tu deviendras le père d’une multitude de peuples!»). Les cercles responsables de cette tradition pourraient donc avoir choisi ce personnage – qui était peut-être la figure tutélaire d’Hébron, métropole judéenne fréquentée par des groupes très divers – pour en faire le père commun des peuplades de cette région. Les Israélites, au sein de ce groupe, conservent une mission particulière, de type sacerdotal, ce qui pourrait refléter l’idéal politique des prêtres au tout début de l’empire perse, vers 530 avant notre ère. Ce n’est que plus tard, avec la perte de cet idéal, qu’Abraham deviendra un ancêtre national, voire un conquérant.

Et qu’en est-il de Jacob et de Moïse?

Il existait en effet d’autres manières de parler des origines d’Israël. Le premier récit, qui fait de Jacob l’ancêtre généalogique commun, semble avoir émergé dans le cercle des élites tribales de l’époque du royaume d’Israël (IXe et VIIIe siècle avant notre ère). La légende de Moïse, elle, explique la naissance d’Israël par le ralliement de groupes d’esclaves révoltés autour d’un prophète charismatique et son milieu producteur doit être cherché dans les cercles prophétiques – voire dans les confréries – des royaumes d’Israël et de Juda. Ce n’est que tardivement que ces trois légendes, concurrentes au départ, vont se trouver réunies au sein d’une trame narrative unique, les légendes d’Abraham et de Jacob devenant le prologue de la légende de Moïse. Alors, le peuple juif descend-il d’Abraham, de Jacob, de Moïse, oui ou non? Sur le plan historique, cette question n’a pas de sens. Mais on peut affirmer sans risque de se tromper que les juifs sont les descendants (charnels et surtout spirituels) de tous les cercles qui, depuis le VIIIe ou le VIe siècle av. J.-C. et jusqu’à la fin du Moyen Age, se sont interrogés, disputés, affrontés et parfois mis d’accord sur les origines et l’identité profonde de la communauté juive. Shlomo Sand ne dit pas autre chose.


Un peuple, toutefois, qui évitera
de se mélanger aux autres?

On trouve effectivement dans la Bible quelques injonctions à ne pas épouser les femmes de tel ou tel groupe. On trouve même cet affligeant récit dans lequel Esdras contraint, après le retour de l’exil, des centaines de Judéens à se séparer de leurs femmes «étrangères» (ce sont pourtant justement des «filles du pays») et des enfants qu’elles leur ont donnés (Esdras 9-10). Mais il y a aussi d’autres courants qui abordent cette question dans un esprit très différent. Dans la Genèse, l’intermariage entre Israélites et Araméens est réglé par contrat; pour l’auteur sacerdotal, le mariage avec les filles de Hêt ou de Canaan est désapprouvé, mais on peut épouser des filles d’Ismaël. Et plusieurs figures centrales de l’Ancien Testament ont épousé des étrangères: Joseph, père de deux des plus grandes tribus d’Israël, Moïse et presque tous les rois, à commencer par David et Salomon. Dès l’Antiquité, l’extension de l’identité juive s’est faite aussi, et de manière plus massive encore, par conversion individuelle ou adhésion collective. Au IIe siècle avant notre ère, l’affaiblissement de l’empire séleucide permet à la dynastie juive des Hasmonéens d’étendre le pouvoir de la petite province de Yehud (limitée au départ à 20 km environ autour de Jérusalem) aux régions avoisinantes et d’imposer la loi juive à leurs populations. A partir de l’époque romaine, les conversions ont été très nombreuses. Certains historiens estiment qu’au tournant de l’ère, de 6 à 10% de la population de l’empire se réclamait du judaïsme.

Qu’en est-il de la représentation des juifs comme peuple
qui va d’exode en exil?

Il faut différencier. L’exode biblique hors d’Egypte est un récit mythique. Même en admettant que ce mythe se réfère à une expérience qu’aurait pu vivre un des groupes entrés dans la composition du futur Israël, il n’existe aucune trace historique de cet événement. La déportation de dizaines de milliers d’habitants de l’ancien royaume d’Israël en 735 ou 720, ou du royaume de Juda en 701, est en revanche historiquement attestée, comme l’est aussi l’exil de quelques milliers de Judéens par les Babyloniens en 597, 587 et 582 av. J.-C.



Les Assyriens utilisaient les échanges de population pour écraser toute velléité de révolte, ne laissant guère aux familles dispersées la possibilité de se reconstituer en diaspora. Les Babyloniens, eux, ont surtout déporté les élites politiques et économiques, qui ont pu recréer près de Babylone des communautés compactes, et organiser la survie ou la refonte de leurs traditions. Par ailleurs, ni les Assyriens ni les Babyloniens ne cherchèrent à supprimer complètement la présence israélite ou judéenne en Palestine, ni d’ailleurs à empêcher le culte de Iahvé. Une partie – sans doute minoritaire – des exilés à Babylone sont revenus en Judée à partir du règne de Cyrus le Grand, au VIe siècle, et y ont acquis une position dominante. Cette communauté d’exilés, qui estimait avoir subi son exil, accusait ceux qui étaient restés dans le pays de s’être prêtés à toutes sortes de compromissions et elle soupçonnait les communautés judéennes établies en Egypte d’avoir, elles, un peu trop complaisamment choisi leur exil. C’est sous leur influence que le judaïsme va devenir la communauté (religieuse plutôt qu’ethnique) de ceux qui se rallient à une théologie de l’exil.

Et l’exil qui suit la destruction
du second temple, au Ier siècle
de notre ère?

Les Romains ont exercé une répression impitoyable contre tous ceux qui mettaient leur ordre politique en question. En revanche, ils ne s’opposaient pas au judaïsme en tant que communauté religieuse ou courant philosophique. En conséquence, les révoltes juives de 70 et 135 se sont soldées par le bannissement des juifs de Jérusalem et sans doute aussi de la Judée. Les rebelles et leurs familles furent vendus en esclavage, et le repeuplement de Jérusalem se fit par des vétérans de l’armée romaine, des éléments de population locale non juive ou qui acceptaient de ne plus se réclamer du judaïsme. Mais cela ne signifie pas le départ de contingents d’exilés comme cela s’était passé lors de la conquête babylonienne. Et ces événements n’ont guère contribué à l’accroissement de la diaspora juive, qui existait et prospérait depuis trois siècles ou plus dans les grands centres de la Méditerranée orientale, d’Afrique du Nord, de Mésopotamie, de la mer Caspienne, d’Italie ou même d’Espagne. Dans le reste de la Palestine, qui n’avait pas participé à la révolte, les communautés juives ne furent pas affectées. Tout en étant attachés au souvenir du Temple et de la gloire perdue de Jérusalem, ces juifs ne se sentaient nullement exilés de leur patrie.

Les communautés de la diaspora pratiquaient-elles le prosélytisme?

On ne peut pas l’exclure. Le monde des grands empires (perse déjà, mais surtout hellénistique et romain) fut un «grand marché» des idées, des philosophies et des religions, un marché soumis à la concurrence. Or, il apparaît de plus en plus que le judaïsme, par son monothéisme rigoureux et son affirmation que le Créateur était aussi le maître de l’histoire humaine «du début à la fin», présentait un attrait important pour la société antique. Il y eut donc des conversions, certaines se produisant simplement dans le cadre de mariages mixtes, mais il y eut aussi des adhésions collectives, et quasi politiques, comme, par exemple, la conversion de certaines dynasties royales: les royaumes d’Adiabène (dans le Kurdistan) ou d’Himyar (en Arabie). Et cela se poursuivit encore jusqu’au début du Moyen Age, notamment dans les régions restées en marge de la christianisation ou de l’islamisation. On peut citer certaines tribus berbères en Afrique du Nord, les Khazars en Asie centrale et les Falashas en Ethiopie. Comment se défendre mieux contre l’emprise du christianisme ou de l’islam qu’en optant pour le judaïsme?

Cette expansion du judaïsme aux premiers siècles pourrait-elle expliquer les fortes ressemblances entre judaïsme et islam?

On peut tout à fait le penser. Au moment de la naissance de Mahomet, le judaïsme domine le paysage religieux en Arabie, alors que le christianisme en est pratiquement absent. Toutefois, entre le IIIe et le VIIe siècle un mouvement de léger repli apparaît au sein des communautés juives. Le judaïsme se concentre sur son interprétation rabbinique. L’hébreu devient la seule langue dans laquelle on puisse accéder aux textes sacrés, les obligations rituelles sont renforcées. Mais même dans ce repli, les communautés juives ne se pensent pas avant tout comme un peuple biologique mais plutôt comme un peuple religieux, comme on pourrait parler du «peuple protestant» en France: un groupement minoritaire, plus soucieux de ce fait de son intégrité mais lié avant tout par une allégeance religieuse et non par une ascendance commune.

Une version développée de cette interview est accessible sur notre site www.letemps.ch/livres

Écrit par : Patoucha | 28/06/2010

Avoir un blogue toujours à jour est très indispensable pour garder le contact avec ces internautes, tout à l'instar des commentaires c'est pour ça que il vous laisse cette remarque pour vous encourager.

Écrit par : match france honduras coupe du monde | 15/06/2014

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