21/11/2009

lettre ouverte à M.Kouchener

Désolée, en manque d'inspiration, je me permets de transmettre une lettre ouverte, j'aime bien ce qu'il écrit, Shavouah tov ;-)

 

Jérusalem, le 15 Novembre 2009

LETTRE OUVERTE
AU DOCTEUR BERNARD KOUCHNER
MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE FRANCE

Monsieur le Ministre,
cher confrère,
nous avons en commun d’avoir suivi les cours de le même Faculté de médecine, d’avoir exercé notre sacerdoce médical dans la même ville de Paris. Vous avez su créer la belle œuvre d’une médecine au delà des frontières, j’ai choisi d’exercer à l’intérieur des frontières de l’Etat Juif retrouvé par delà les vicissitudes de l’Histoire.

Nous savons, nous praticiens, combien il nous faut éviter les erreurs médicales et professionnelles.
Or vous avez déclaré :  « Les Israéliens ne veulent pas la paix »
Veuillez me pardonner, mais il s’agit véritablement là d’une erreur de diagnostic.
L’impact de cette erreur ne sera pas préjudiciable à un malade, mais à tout un peuple debout, petit état démocratique en lutte permanente dans un environnement inexorablement hostile.

Auriez-vous écrit « le Gouvernement d’Israël ne veut pas la paix » que je n’eusse pas réagi. Il s’agit de politique qui varie au fil des intérêts des états. Mais en généralisant cette affirmation péremptoire à l’ensemble du peuple israélien vous rejoignez, bien involontairement j’en suis certain, le concert  international d’incantations destinées à jeter l’opprobre sur un état et un peuple dont les réalisations  dans tous les domaines et la fermeté éthique rencontrent encore  l’amitié et l’admiration d’une grande partie de l’humanité.

C’est pourquoi permettez-moi, Monsieur le Ministre, de m’inscrire en faux contre cette déclaration.
Observateur de la scène de la vie israélienne depuis onze ans, plongé de par ma profession au cœur des populations de toutes origines, juives et arabes, je puis vous affirmer que les Israéliens ont un profond  désir de paix, que le mot antique de « Chalom » est toujours usité.

Le Peuple d’Israël désire la paix, prie pour la paix qui nous rapprochera de nos voisins et cousins arabes.
Mais pas pour n’importe quelle paix.
Pas pour la paix de Munich, celle de Chamberlain.
Pas pour une paix d’abdication et de renoncement suicidaire devant la terreur financée et organisée par  des états qui ont fait du terrorisme un moyen de gouvernement et de relation internationale.
Le Prophète d’Israël disait déjà il y a des millénaires : «  Ils disent Chalom, ils disent Chalom, mais il  n’y a pas de Chalom ! » L’on nous offrait à l’époque une fausse paix. Il en est de même aujourd’hui.

Nous voulons une paix qui tout en reconnaissant les droits légitimes des populations palestiniennes ne  soit pas un  tremplin pour d’autres attaques, d’autres guerres comme nous l’avons vu à Gaza, mais au  contraire nous reconnaisse pour ce que nous sommes, une population juive de bientôt six millions d’habitants, le chiffre de la Shoah, ayant acquis durement le droit de vivre au Proche Orient, sur notre terre ancestrale.

C’est en cette reconnaissance mutuelle et fraternelle encore à ce jour impossible à assumer non pas par les peuples, qui en majorité la désirent, mais par les dirigeants palestiniens actuels que réside le secret de l’ouverture et de la paix véritable.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre et cher confrère, l’expression de ma considération distinguée.

 

 

Docteur   Claude   Salama

18:52 Écrit par Rose Tel-aviv dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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